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Protection des enfants en fuite | Mécontents de la réaction du Conseil Fédéral

En ligne depuis le 25 mai 2020 - modifié le 26 mai 2020

Le 29 avril 2020, “Protection des enfants en fuite” a déposé une pétition munie de plus de 10’000 signatures qui demande que la Suisse accueille des mineurs bloqués dans des camps de personnes migrantes en Grèce. Les signataires mentionnent le fait que cet accueil découle d’une obligation du règlement Dublin, et non pas d’un geste humanitaire. Ils demandent de surcroit que des jeunes n’ayant pas de liens de parenté puissent également être accueillis car les conditions de vie y sont intenables.  La réponse (19.05.2020) rédigée par Mario Gattiker, secrétaire d’Etat aux migrations,  explique que 23 enfants sont arrivés et que d’autres seront encore accueillis, sans restriction de nombre. Il insiste cependant sur le lien pré-existant avec une personne en Suisse pour faire venir l’enfant. Finalement, il rappelle que dû au Coronavirus des mesures de distanciation sont nécessaires dans les centres, ce qui ne permet pas de les remplir.  Le reste de la lettre exemplifie tout ce qui est mis en place comme soutient à la Grèce pour améliorer la situation sur place. Le constat des trois initiateurs est, au contraire, celui d’un report de responsabilité sur une administration grecque dépassée qui ne peut donner suite aux demandes émanant de la Suisse. Pour preuve, l’enquête publiée dans l’hebdomadaire WOZ “Wo bleibt das Kindeswohl” (soit: “Quid du bien-être de l’enfant?”) qui évoque le cas d’un homme afghan qui essaie en vain de faire venir son fils de 12 ans qui se trouve bloqué sur l’île de Moria.

La newsletter de “Protection des enfants et des jeunes en fuite” a été publiée le 25.05.2020 sur leur site. Elle est disponible également en allemand et en italien.

NOUS SOMMES MÉCONTENTS de la réaction du Conseil fédéral

Le Conseil fédéral ne répond pas du tout à notre demande principale d’admettre l’entrée en Suisse de 200 enfants et jeunes non accompagnés – indépendamment de leurs liens familiaux – conformément à l’exécution de la procédure d’asile.

Actuellement, il s’agit des 23 mineurs ayant des liens familiaux qui font actuellement l’objet d’une procédure d’asile en Suisse. Comme nous l’avons souligné dans la pétition, il s’agit d’une obligation de Dublin. Et non d’un geste humanitaire, comme semble le suggérer la lettre du Conseil fédéral.

Nous sommes très déçus, d’autant plus que l’article “Wo bleibt das Kindeswohl” dans le WOZ publié le 21 mai 2020 montre que les obligations relevant du règlement de Dublin ne fonctionnent pas du tout de manière satisfaisante.

Cette enquête publiée par Barbara Heuberger dans la WOZ montre de manière émouvante que la communication entre les autorités grecques et suisses ne fonctionne pas: depuis des mois, un père afghan tente de faire venir chez lui son fils de 12 ans du camp de réfugiés de Moria sur l’île de Lesbos. Sans succès. Le gouvernement suisse souhaite que les autorités grecques enregistrent d’abord l’enfant. Mais cela semble impossible.

À propos de cette situation, M. Gattiker écrit: “Si le Secrétariat d’État aux migrations apprend lui-même, par exemple par des parents en Suisse, la présence d’un mineur non accompagné en Grèce, il en informe les autorités grecques compétentes afin qu’elles puissent faire une demande à cet effet”.

Il en ressort clairement que les autorités grecques, surchargées, portent la responsabilité du fait qu’un enfant de 12 ans lutte pour survivre depuis plus de six mois dans des conditions absolument précaires, dans le camp de réfugiés de Moria – tandis que le père, ici en Suisse, fait tout pour que son enfant le rejoigne. La pratique telle que décrite par Monsieur Gattiker entrave toute action du père de manière conséquente. Il est impuissant face à cette situation.

Plus loin dans la lettre, il est écrit : “Nous sommes convaincus que nous pouvons ainsi donner une chance aux enfants et aux jeunes qui ont déjà un point de contact en Suisse.” Cependant, nous sommes convaincus que ce système ne fonctionne pas de manière satisfaisante. Raison de plus pour attendre du Conseil fédéral qu’il prenne acte de notre demande d’un geste humanitaire en tant que tel. Nous continuons à exiger qu’au moins 200 enfants et jeunes sans liens familiaux bénéficient d’une procédure d’asile équitable en Suisse.

Nous avons le sentiment que la pétition n’est pas prise au sérieux. Cela soulève en nous de sérieux doutes quant au sens de cette instrument démocratique de base. Nous essayons maintenant de canaliser nos sentiments d’indignation dans des voies constructives et continuons, pour l’instant par la voie parlementaire, à maintenir la pression sur le Conseil fédéral.

Nous pouvons agir.


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