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ODAE | Durcissement à l’égard des érythréen·ne·s: actualisation 2020

En ligne depuis le 15 décembre 2020

Depuis près de quatre ans de nombreux·ses Érythréen·ne·s se retrouvent avec une décision de renvoi et pourtant rien ne montre que la situation se soit améliorée dans ce pays. Beaucoup des personnes concernées, souvent jeunes, restent durablement en Suisse. Au moment de la décision fatidique, elles perdent leur droit d’exercer leur métier ou de se former et se retrouvent à l’aide d’urgence. C’est donc à la constitution d’un groupe toujours plus important de jeunes personnes exclues, mais non renvoyables, que l’on assiste. Et il devient urgent d’en questionner le coût humain, social et politique. Deux ans après une première publication sur la question, l’ODAE romand sort un second rapport. Celui-ci offre une synthèse des constats présentés en 2018, accompagnée d’une actualisation de la situation.

Le rapport “Durcissement à l’égard des érythréen·ne·s: actualisation 2020” a été publié sur le site de l’Observatoire romand du droit d’asile et des étrangers (ODAE) a été publié le 15 décembre 2020

Durcissement à l’égard des érythréen·ne·s: actualisation 2020

Deux ans après une première publication sur la question, l’ODAE romand sort un second rapport. Celui-ci offre une synthèse des constats présentés en 2018, accompagnée d’une actualisation de la situation.

Rapport ODAE Durcissement a l'encontre des erythreennesDepuis 2018, l’ODAE romand suit de près la situation des requérant·e·s d’asile érythréen∙ne∙s en Suisse. Beaucoup de ces personnes se retrouvent avec une décision de renvoi, après que le Tribunal administratif fédéral (TAF) a confirmé la pratique du Secrétariat d’État aux Migrations (SEM) amorcée en 2016, et que les autorités ont annoncé, en 2018, le réexamen des admissions provisoires de quelque 3’200 personnes.

En 2020, le SEM et le TAF continuent à appliquer un durcissement, alors que la situation des droits humains en Érythrée ne s’est pas améliorée. Depuis près de quatre ans, les décisions de renvoi tombent. De 2016 à à la fin octobre 2020, 3’355 Érythréen·ne·s avaient reçu une décision de renvoi suite à leur demande d’asile.

Un grand nombre de requérant·e·s d’asile se retrouvent ainsi débouté·e·s.
Beaucoup des personnes concernées, souvent jeunes, restent durablement en Suisse, parce que très peu retournent en Érythrée sur une base volontaire, de peur d’y être persécutées, et qu’il n’y a pas d’accord de réadmission avec l’Érythrée. Au moment de la décision fatidique, elles perdent leur droit d’exercer leur métier ou de se former et se retrouvent à l’aide d’urgence. C’est donc à la constitution d’un groupe toujours plus important de jeunes personnes, exclues mais non renvoyables, que l’on assiste.

C’est surtout en cédant aux pressions politiques appelant à durcir la pratique – des pressions renforcées par un gonflement des statistiques du nombre de demandes d’asile – que la Suisse a appréhendé toujours plus strictement la situation juridique des requérant∙e∙s d’asile provenant d’Érythrée. Sur le terrain, l’ODAE romand constate que ces durcissements se traduisent également par une appréciation extrêmement restrictive des motifs d’asile invoqués par les personnes. D’autres obstacles limitent aussi l’accès à un examen de fond sur les motifs d’asile. Au-delà de la question érythréenne, l’ODAE romand s’inquiète pour le droit d’asile au sens large. L’exemple de ce groupe montre en effet que l’application de ce droit est extrêmement perméable aux incitations venues du monde politique et peut être remaniée sans raison manifeste.


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