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Témoignage | Avoir un permis F, c’est comme être dans une prison

En ligne depuis le 30 décembre 2020 et publié dans - modifié le 4 janvier 2021

Nous vous proposons ci-dessous un extrait du récit de Rania paru dans “Derrière les murs. Récits de migrantes en temps de Covid-19″ un livre recensant des témoignages de femmes migrantes habitant en Suisse.

Avoir un permis F, c’est comme être dans une prison

Chaque récit de femme est accompagné d’une photo, choisie par l’auteure pour accompagner son témoignage et montrer un objet qu’elle aime ou qu’elle souhaite dénoncer. 

Je m’appelle Rania. J’ai 35 ans. Je suis Érythréenne, mais je suis née et j’ai étudié au Soudan. Après j’ai travaillé à Dubaï. Je vis depuis 4 ans en Suisse. J’ai un permis F humanitaire. […]

En janvier 2020, je cherchais du travail et j’étais inscrite au cours « langue et santé » de la Croix Rouge. […] J’ai commencé le cours en mars, mais seulement pour un jour. Après il y a eu le coronavirus […]. Pour moi c’est difficile parce que je suis toute seule. J’habite dans un immeuble, il n’y a pas d’Érythréens, personne qui parle ma langue. Je ne connais personne. Je suis nouvelle dans cette maison. Je reste seule à la maison. Je marche: cuisine-chambre, cuisine-chambre, toujours comme ça. […] je suis sortie me promener parfois, mais très peu. Je n’ai pas vu mes amis […]. Et pendant cette période mon oncle est décédé en Érythrée, c’était très difficile. J’ai pu partager seulement par téléphone. Pendant deux jours, j’étais triste, triste, après je me suis dit si je continue peut-être que je vais devenir folle. Alors ça suffit. […]

Le 19 juin j’ai trouvé un travail, je l’ai trouvé seule par une annonce sur internet. C’est un poste d’aide cuisinière à l’hôpital. […] Je suis engagée jusqu’à fin août et j’espère pouvoir rester après. La situation pour moi est donc mieux après le coronavirus qu’en janvier. Avant pour moi tout était fermé: cours, non, école, non, travail, non. Mais maintenant ça va. Ça fait plusieurs années que je cherche du travail. J’ai cherché déjà à travailler en crèche avec le permis N (requérante d’asile) mais ils ont dit c’est pas possible. Avec le permis F j’ai eu des stages mais pas de travail et pas de formation professionnelle.

[…] Ce que j’aimerais dire d’important, c’est qu’il faut changer le permis F: c’est difficile de trouver un travail, c’est difficile de voyager, c’est difficile pour tout. C’est comme être dans une prison. Tu ne peux pas sortir, tu ne peux pas voir ta famille. Ça je ne comprends pas.
Il faut supprimer les permis F ou changer les conditions pour pouvoir travailler et voyager.

RANIA

(Derrière les Murs. Récits de femmes migrantes au temps du Covid-19, MMF 2020, p.130)

 

Derrière les murs. Récits de migrantes au temps du Covid-19, Marche mondiale des femmes, 2020. Disponible auprès de votre librairie préférée ou en écrivant à info@marchemondiale.ch. Prix du livre : 30 CHF.

Ce livre a été réalisé à l’occasion des 20 ans de la Marche mondiale des femmes (MMF) et pour la clôture européenne de sa 5ème Action planétaire. Le collectif partage la voix des femmes migrantes, celles que l’on entend si peu et qui, par leurs conditions de vie et de travail, se retrouvent souvent en première ligne, y compris dans la lutte contre le virus. 24 récits, profondément émouvants, impressionnants par leur diversité, témoignent d’une grande force d’adaptation, de vie, de solidarité. Il contient également une brève histoire de la MMF (2000-2020), ainsi que la plateforme de revendications élaborée lors de la rencontre européenne « Femmes, Migration, Refuge » qui a rassemblé plus de 260 participantes à Genève en septembre 2019.

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