Dossier | Réfugié·es de Gaza. Quelle protection ?
Sophie Malka
Le n°206 de notre revue d’information consacre un dossier spécial aux outils juridiques susceptibles de garantir aux réfugié·es palestinien·nes de Gaza une protection en Suisse. Les contributions de divers acteurs de l’asile et l’expertise du HCR témoignent des multiples facettes que leur mise à l’abri et accueil soulèvent. Avec comme enjeu celui de pouvoir reconstruire une vie digne et des droits octroyés en Suisse, donc du statut délivré. Ci-dessous, un petit lexique des notions abordées dans ce dossier, ainsi que quelques références pour alimenter la réflexion.
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Lire aussi les droits liés aux statuts d’asile sur asile.ch/glossaire

Réfugié·e
Le terme «réfugié» est défini au niveau international par la Convention relative au statut des réfugiés de 1951 et son Protocole de 1967. Il désigne toute personne qui, «craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays.» (art. 1 A (2))
Au sens de la Convention et de la pratique du HCR, la qualité de réfugié est de nature déclaratoire : une personne est réfugiée dès le moment où elle fuit son pays – y compris en cas de guerre – indépendamment de la reconnaissance ultérieure de ce statut par les États
Pratique suisse
En Suisse, ce terme est restreint aux personnes reconnues comme telles à l’issue d’une procédure d’asile. Les personnes fuyant les guerres et les conflits ne reçoivent souvent qu’une admission provisoire (alors que dans l’Union européenne, une protection subsidiaire est octroyée).
Le cas des réfugié·es palestinien·nes fait émerger d’autres notions, peu abordées jusqu’ici dans nos colonnes
La reconnaissance d’une persécution collective, qui est autre chose que la reconnaissance prima facie ou la protection provisoire (le permis S octroyé aux réfugié·es d’Ukraine), lorsqu’il s’agit de protéger un groupe de personnes (articles à venir).
Le statut d’apatride, qui est délivré à une personne qu’ «aucun État ne reconnaît comme son ressortissant par application de sa législation» selon la définition internationale. Celui-ci pose la question de la reconnaissance de la «nationalité» palestinienne et de son lien avec un État palestinien ou encore de l’effectivité de la protection de l’UNWRA (articles à venir).
Lire aussi, pour aller plus loin
OSAR, Les personnes réfugiées de Gaza doivent être protégées, opinion de Lucia Della Torre, 12 août 2025
Sur la difficile évacuation d’enfants de Gaza
Le Temps, « Le chemin de croix des gazaouis qui doivent être évacués pour raisons médicales », Toan Izaguirre, Léo Tichelli, 9 octobre 2025
Sur l’apatridie
- ODAE romand, Vivre sans nationalité reconnue. L’apatridie comme conséquence des dénis politiques, Panorama n°7, décembre 2024
- UNHCR, L’apatridie en Suisse. Résumé et recommandations, novembre 2018
- Chahut média, Statelessness : Citizens of Nowhere, Podcast documentaire d’Anna Rascouët-Paz, Fondation Rosa Luxembourg
- ECRE, Interview with Aleksejs Ivashuk from Apatride Network, 22 janvier 2026
Sur la notion de crimes internationaux
Entre perception et réalité juridique, ce que dit le droit et la justice internationale des crimes de guerre, crimes contre l’humanité, crimes de génocide :
- Le Grand Continent, Sur le concept de génocide, Philippe Sands , 12 mars 2025
- France Culture, Juger les crimes de guerre, anatomie d’un combat moral, En 6 dates-clés, 22 septembre 2025
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