En 2025, quelle était la proportion de femmes issues de l’asile en Suisse?
47%, soit près de la moitié des personnes issues de l’asile sont des femmes!
A l’occasion de la réédition de notre brochure Il y a ce qu’on dit sur les réfugié·es. Et il y a la réalité, qui interroge 9 préjugés sur l’asile, nous avons lancé un quiz avec des questions inédites. Parmi elles, celle de la proportion de femmes issues de l’asile en Suisse. L’explication à cette question, que nous apportons aujourd’hui, vient remuer la représentation « classique » du réfugié, souvent associée à celle d’un homme seul et isolé.
18% des participant·es au quiz ont donné la bonne réponse, soit 47% de femmes. Les trois quart ont largement sous-estimé cette proportion, l’évaluant pour la plupart à un quart de la population issue de l’asile (7 personnes) voire encore moins! 8 personnes ont en effet estimé la part de femmes à 6%.

Une représentation erronée sur la réalité de la migration et de l’asile
En Suisse, comme ailleurs dans le monde, les femmes représentent environ la moitié des personnes déplacées par les guerres et les persécutions. La politique d’asile est pourtant souvent définie sur l’idée préconçue que ce sont surtout les hommes qui arrivent en Suisse. Les mesures d’intégration sont dès lors souvent calibrées pour les hommes, posant une double discrimination pour les femmes, confrontées à un double plafond de verre, peinant d’autant plus à s’autonomiser et par conséquent à accéder à de nombreux droits.
Sur ce sujet, retrouvez nos analyses autour des conséquences de ces fausses représentations sur l’accès des femmes à l’emploi, dans notre rubrique dédiée sur nos pages « Réfugié·es & emploi. Au-delà des idées reçues«
Retrouvez également tous nos articles autour des questions liées à la condition des femmes dans l’asile

‼️ Nous félicitons à nouveau les trois gagnant·es du quiz mis en ligne la semaine dernière – Jo, Saroutchka, La Truite – et leur rappelons de nous contacter par mail à info@asile.ch pour que nous puissions les inscrire sur la guestlist de la soirée.
Comme le rappelle le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR), « Les femmes et les filles peuvent être persécutées pour les mêmes raisons que les hommes: participation politique, croyance religieuse, appartenance à un groupe ethnique ou social spécifique. Mais elles sont également confrontées à des risques supplémentaires, tels que la violence sexiste et sexuelle. Celle-ci est souvent utilisée activement dans les persécutions ou comme une arme de guerre. »
Il poursuit: « Pendant longtemps, les motifs de fuite spécifiques aux femmes n’ont pas été suffisamment pris en compte dans l’interprétation de la définition de la persécution de la Convention [de Genève relative au statut de réfugié]. Historiquement, la définition de réfugié a souvent été interprétée d’un point de vue masculin, ce qui a conduit à ne pas reconnaître la persécution des femmes et le besoin de protection qui en résulte. Ces dernières décennies des progrès significatifs ont toutefois été réalisés. Le genre n’est pas explicitement mentionné dans la définition du réfugié, mais il est désormais généralement admis par les experts qu’il peut être un motif de persécution et qu’il peut affecter à la fois la nature de la persécution et son impact. »
Réédition de la brochure sur les préjugés
Si les chiffres ont évolué depuis l’édition de 2017, les mêmes poncifs sur l’asile se retrouvent inlassablement dans le débat public. Dans ce contexte, il nous est apparu important de développer des outils tout en mettant à jour ceux qui ont déjà fait leurs preuves. C’est le cas de notre brochure Il y a ce qu’on dit sur les réfugié·es. Et il y a la réalité, que vous pouvez commander via le formulaire en ligne.
Pour un aperçu du contenu de ces pages, essayez sa version quiz en ligne.

