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Aide d’urgence | NEM en terre vaudoise: De la mise en boîte

En ligne depuis le 2 avril 2007 et publié dans - modifié le 27 juin 2017

Comme chacun sait, les personnes frappées d’une décision de non-entrée en matière (NEM) sur leur demande d’asile et dont le renvoi est entré en force n’ont plus droit à l’aide sociale depuis le 1er avril 2004. En lieu et place, la Constitution fédérale ne leur garantit plus qu’un strict minimum, communément appelé «l’aide d’urgence».

On ne s’attardera pas sur le fait que cette aide urgente dure pour certains depuis plus de deux ans et demi. Dans le canton de Vaud, elle consiste à regrouper les hommes célibataires dans un centre collectif d’hébergement à Lausanne. Les dortoirs sont équipés de lits métalliques superposés, en tout et pour tout. On n’y trouve même pas une table de nuit. Inutile d’essayer de brancher une radio, il n’y a pas d’électricité dans les prises. De toute façon le règlement interne interdit les équipements télévisuels, radiophoniques et autres faiseurs de bruit.

Pas de vie privée

La consigne est d’ailleurs qu’aucun effet personnel ne peut rester dans les dortoirs. Tout doit rentrer dans une armoire individuelle (160x80x80 env.) placée dans le couloir, dont les agents de sécurité ont un double de la clé, au cas où le besoin de perquisition se ferait sentir… sans mandat judiciaire bien sûr. Ces gens-là n’ont de toute façon pas besoin de vie privée. Ce luxe n’est pas compris dans «l’aide d’urgence». Outre que les dortoirs ne peuvent pas être fermés à clé, les agents de sécurité du centre les visitent à intervalles réguliers de jour comme de nuit. Les visites sont interdites, de toute façon, quand on doit quitter la Suisse, on n’a plus besoin ni de vie sociale, ni de vie intime. Pour la satisfaction des besoins personnels par exemple en matière de communications, transports ou même, loisirs pourquoi pas, aucun poste d’assistance n’est prévu.

Juste de quoi survivre

En clair, quand on est frappé d’une décision de non-entrée en matière sur sa demande d’asile, et frappé de l’interdiction de travailler qui va avec, on n’a pas droit au moindre argent de poche. Il faut vivre d’air frais, de nuits de sommeil, et de nourriture emballée sous vide (un plat en général à base de riz le soir, un sandwich à midi) servie à heures fixes au réfectoire, sur présentation du bon délivré à 17 heures. A quoi bon de l’argent de poche ? Pour les autorités, ces personnes n’ont plus qu’une chose à faire: quitter la Suisse.

Karine Povlakic


Monitoring NEM: un bilan atterrant

19% des personnes dont la décision de non-entrée en matière (NEM) est passée en force depuis le 1er avril 2004 ont quitté la Suisse dans le cadre d’un départ contrôlé. C’est le chiffre que mentionne en passant le dernier rapport de monitoring NEM, du 1er mars 2007. Avant d’exclure de l’aide sociale et de pousser dans la clandestinité les victimes de NEM, les statistiques officielles enregistraient toujours au moins 30% de départs contrôlés. Vous avez dit autogoal?

Le rapport officiel se garde bien de mettre en exergue cette perte de contrôle de l’exécution des renvois. Une analyse attentive montre par ailleurs que plus de 20% de ceux qui se résignent à demander l’aide d’urgence ont été interpellés par la police durant le trimestre en question (200 sur 880 personnes). Pour un seul trimestre (on n’ose imaginer ce qu’il en est en statistique annuelle), c’est un taux sans précédent, qui montre bien à quel point l’aide d’urgence ne permet pas de vivre dignement.

Bien qu’ils aient été augmentés de 660 fr. à 1800 fr, les forfaits fédéraux ne permettent même pas aux cantons de couvrir les frais de cette aide minimaliste. Au troisième trimestre 2006, le découvert se montait à 3 millions. Jusqu’à quand le ton lénifiant des rapports de l’Office fédéral des migrations (ODM) va-t-il abuser les responsables politiques?

Yves Brutsch

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