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Editorial | Protéger les victimes. Punir les crimes

En ligne depuis le 26 février 2016 et publié dans - modifié le 1 mars 2016

Dénoncer avec force l’insupportable violence faite aux femmes à Cologne. Dénoncer avec la même force les actes xénophobes et les ratissages anti-immigrés orchestrés par les mouvements d’extrême-droite.

Les événements survenus en Allemagne au passage de l’année 2016 nous ont atterrés. D’abord pour ce qu’ils sont : une atteinte à l’intégrité et à la dignité des femmes. Ensuite pour les réactions qu’ils ont engendrées: un silence coupable de la police puis des autorités, propice à toutes les conjectures et amalgames, et la récupération politique qui s’en est suivie.

Un cauchemar pour les victimes se trouvant prises en étau entre la nécessité de se positionner en tant que telles et la réticence à se faire ainsi instrumentaliser par des mouvements xénophobes. Un cauchemar pour les réfugiés également, dont l’objectif premier est de pouvoir vivre en sécurité et se faire une place dans la société [1].

Identifier les coupables et punir les crimes pour ce qu’ils sont est la seule réponse juste et valable à ce qui s’est passé à Cologne et dans d’autres villes d’Europe. La seule réparation adéquate à donner aux femmes victimes de ces agressions. Le signal d’une limite dont le franchissement n’est pas toléré par la société.

Toute autre mesure punitive collective telle qu’une fermeture des frontières à tous les réfugiés –avec sa dimension vengeresse – ne pourra ni panser les plaies ni apaiser les victimes.

Malmenée jusque dans ses propres rangs, Angela Merkel y a partiellement cédé en annonçant l’expulsion des demandeurs d’asile et des migrants criminels notam- ment. Une mesure à l’inefficacité prévisible, tant elle est liée à l’existence d’accords de réadmission. Le profil des suspects connus au moment où nous rédigions ces lignes [2] -des jeunes délinquants maghrébins en orbite depuis plusieurs années entre la France, l’Espagne et l’Allemagne- laisse entendre qu’ils ne pourront être renvoyés ni au Maroc, ni en Algérie, car ces pays ne les réadmettent pas. Et ce qui vaut pour l’Allemagne vaut aussi pour la Suisse, appelée à se prononcer ces prochains jours sur une expulsion automatique qui serait inopérante sur ces mêmes individus.

Ceci étant dit, Cologne doit pousser l’Europe et la Suisse à questionner leurs politiques migratoires. Durcir les conditions d’accès à nos territoires ou péjorer les conditions d’accueil au prétexte d’en réduire l’attractivité n’ont jamais eu d’effet sur les causes de l’exil -guerres, persécutions, faim (voir p.3). Elles en ont en revanche sur la capacité des personnes présentes sur notre territoire à s’intégrer et à épouser des valeurs communes.

La marginalisation induite par le régime déshumanisant de l’aide d’urgence, le maintien des demandeurs d’asile à distance de la population par la mise en place de méga-centres fédéraux ont pour fonction affichée d’éviter toute intégration. Une partie des personnes qui sont sou- mises à ces traitements spéciaux, parfois dégradants, auront finalement le droit de rester en Suisse. A quel prix? Quelles valeurs leur aurons-nous transmises? Le respect ? La dignité ? L’égalité ?

SOPHIE MALKA

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