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cath.ch | Modification de la loi sur l’asile: Pas la bonne recette pour l’aumônier Claude Amblet

En ligne depuis le 4 juin 2016

Le 5 juin 2016, le peuple suisse va se prononcer sur la modification de la loi sur l’asile (LAsi).  Le Conseil fédéral et le Parlement veulent renouveler fondamentalement le régime de l’asile, officiellement au moyen de procédures “plus rapides et néanmoins équitables”. Cette révision a fait l’objet d’une demande de référendum de la part de l’UDC. Claude Amblet est lui aussi sceptique, mais pour des raisons diamétralement opposées.

Article publié sur le portail catholique suisse, le 31 mai 2016. Cliquez ici pour lire l’article sur le site cath.ch.

Aumônier catholique au centre fédéral d’enregistrement et de procédure (CEP) de Vallorbe, dans le canton de Vaud, Claude Amblet voit des personnes du monde entier la plupart du temps dépassées par un fonctionnement administratif très efficace pour freiner leur entrée en Europe. “Ils pensaient trouver un lieu sûr en Suisse et ils se voient soumis à une discipline stricte pour manger et dormir dans un camp ceinturé de barbelés. Sans compter qu’ils sont très vite en butte à des procédures administratives incompréhensibles pour la plupart d’entre eux”.

Des avocats vraiment indépendants?

Mais justement, selon la modification de la LAsi, des procédures plus rapides et des avocats gratuits auprès des requérants pourraient rendre l’accueil en Suisse plus humain… Claude Amblet en doute: “Accélérer l’examen des dossiers demanderait une augmentation du personnel. Est-elle vraiment prévue? Je me demande aussi si les avocats d’office seront vraiment indépendants et disposeront de temps pour rechercher les vices de procédure”.

Il craint que cette procédure soit bâclée, faute de temps laissé aux juristes payés par la Confédération qui devront apporter conseils et appui aux requérants, car la situation de ces derniers est souvent complexe. “De quelle marge de manœuvre disposeront-ils? Ils risquent d’être rapidement submergés!”, confie-t-il à cath.ch.

Pour l’aumônier vaudois, ces dispositifs sont des emplâtres sur une jambe de bois. Il nous invite plutôt à réfléchir aux raisons de l’arrivée massive de réfugiés: “Nous ne voulons pas voir que notre mode de vie et notre laisser-faire engendrent la misère des migrants venus chez nous. Ils fuient des guerres civiles organisées par des dictateurs ou des tyrans très riches, avec le soutien des grandes puissances”.

Pêcheurs africains plumés

Depuis plus de six ans à l’écoute des demandeurs d’asile enregistrés à Vallorbe, l’aumônier vaudois entend leurs cris de détresse et leurs espoirs. “Ils me racontent leurs rêves d’une vie digne, les mêmes aspirations que nous arrivons souvent à satisfaire ici en Suisse. Ces laissés-pour-compte d’un système économique mondialisé et injuste, ce sont nos frères et nos sœurs dans le Christ. Que puis-je dire à un pécheur sénégalais qui me raconte à Vallorbe les grands navires-usines de pêche venant impunément racler leurs fonds marins poissonneux?” Serait-il juste de le renvoyer alors qu’on lui enlève les moyens de vivre chez lui comme un honnête homme?

Claude Amblet comprend bien que de très nombreux Suisses et Européens voient l’arrivée de migrants pauvres d’un très mauvais œil. “Ils nous dérangent, coûtent cher, occupent des emplois et logements modestes, sans compter les terroristes qui peuvent se glisser parmi eux…” Ces frères et ces sœurs migrants, l’aumônier pense malgré tout qu’ils méritent d’être vraiment écoutés par les habitants de Suisse. Ces derniers pourraient alors comprendre que la crise migratoire ne se résoudra pas avec un oui ou par un non déposé dans les urnes le 5 juin prochain.

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