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Reliance | Des barrières à l’infini

En ligne depuis le 3 mai 2017 et publié dans

L’été dernier, Aymeric* arrivait au terme de son programme de l’accueil du post-obligatoire (ACPO). Ce jeune, dont je suis le tuteur, rêvait de faire une école de commerce, un domaine qui lui plaisait beaucoup: enfant, il aidait sa défunte maman au marché. Malgré ses efforts, il n’avait pas les prérequis nécessaires pour entamer cette formation. Nous avons alors tenté de lui obtenir un stage de longue durée dans ce même domaine, en faisant du porte-à-porte. Nous n’avons pu que constater que cette branche reste réservée aux initiés. Sans formation, ni stage, nous nous sommes résolus à réorienter le projet professionnel d’Aymeric vers une branche plus accessible et y décrocher un apprentissage. J’ai pu le mettre en contact avec un chef d’entreprise dans le secteur du BTP (étanchéité). Le patron a beaucoup apprécié Aymeric. Restaient les formalités. C’est là que nous nous sommes heurtés à la barrière administrative : son permis N ne lui permettait pas d’effectuer un apprentissage.
Aymeric, en Suisse depuis trois ans avec une grande volonté de réussir, a dû faire face à ces barrières qui l’éloignent de ses rêves. Son dernier recours a été les Ateliers de formation de l’Hospice général (ATFOR), où il a fini par choisir la mécanique. Ensemble, nous cherchons à maintenir la motivation nécessaire pour finir cette formation, avec l’espoir que sa situation administrative évolue et qu’il puisse enfin envisager un stage ou un apprentissage.
En parallèle à son cursus scolaire, Aymeric a été repéré par un entraîneur de football. Il a le niveau pour intégrer un centre de formation à Genève, mais encore une fois, sa situation administrative l’a empêché d’intégrer l’équipe. Des obstacles sans fin, sans pitié et qui confinent à l’absurde.

*Prénom d’emprunt

YACINE HAFFAR, TUTEUR DE RELIANCE

 

Quel accès à l’apprentissage pour les jeunes issus de l’asile?

Alors que l’accès à la formation gymnasiale et aux études supérieures est garanti pour les jeunes avec ou sans statut, l’accès à l’apprentissage est conditionné aux règles régissant l’activité lucrative. Le droit de travailler et tributaire d’un permis de séjour et ce sont les autorités cantonales qui délivrent les autorisations de travail.

Les réfugiés (permis B et C) et personnes admises à titre provisoire (permis F) jouissent d’un accès sans restriction au marché de l’emploi et à l’ensemble des domaines professionnels. Dans les faits, les employeurs s’arrêtent souvent sur l’adjectif « provisoire » et le caractère annuel du permis F.

Permis N : Passé un délai de trois mois, un demandeur d’asile peut obtenir une place d’apprentissage dans certains secteurs. L’autorisation de travail est limitée à certaines branches d’activités. L’employeur doit vérifier qu’il ne peut pas engager un ressortissant suisse ou un détenteur d’un permis de séjour.

Et les jeunes débouté-e-s et sans statut légal ? Une disposition fédérale a ouvert l’accès à l’apprentissage aux jeunes sans statut légal en 2013, qui concernerait également les jeunes débouté-e-s de l’asile. Elle permet aux autorités cantonales d’octroyer un permis de séjour pour la durée de l’apprentissage, sous un certain nombre de conditions cumulatives (notamment avoir suivi la scolarité en Suisse pendant au moins 5 ans). Des conditions dans les faits rédhibitoires : en septembre 2016, seuls 15 jeunes ont effectivement pu en bénéficier, selon la Commission fédérale des migrations.

AT/SMA

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