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Libération | “En montagne, comme en mer, la frontière est violente pour les migrants”

En ligne depuis le 22 décembre 2017

L’association Guides sans frontières a appellé à une manifestation, le 17 décembre, dans la vallée de la Clarée pour attirer l’attention sur le sort des migrants qui tentent de franchir les Alpes. Deux chercheurs, Charles Heller et Cristina Del Biaggio, décryptent les stratégies des Etats et de ceux qui veulent leur porter secours.

Interview paru dans Libération, le 15 décembre 2017. Cliquez ici ou sur l’image ci-dessous pour télécharger l’interview en format pdf.

La mer et la montagne sont des espaces ambivalents. Lieux de loisirs, mais aussi extrêmes dont la fréquentation nécessite savoir et prudence. Ce sont aussi des espaces ouverts et difficiles à «fermer», qui échappent donc, en théorie, au contrôle et à la violence institutionnelle…

Charles Heller: La mer est à la fois une barrière et le médium même du mouvement. Mais le fait qu’elle devienne frontière ou moyen de locomotion n’a rien de naturel. Il y a un géopouvoir intrinsèque à chaque environnement. Les Etats européens pensent utiliser le géopouvoir de la mer pour la transformer en frontière infranchissable. Les politiques d’exclusion ne permettent pas aux migrants d’accéder aux avions ni à des moyens de navigation légaux et sûrs. Si on pense à l’histoire de la navigation, il n’y a aucune raison que des gens meurent en mer aujourd’hui. Au XIXe siècle, naviguer était dangereux, plus aujourd’hui!

Cristina Del Biaggio: C’est la même chose dans les Alpes. On a inauguré, en 2016, l’Alp-Transit, le tunnel ferroviaire le plus long du monde, qui permet de rallier Zurich au départ de Milan en trois heures et demie. Au XIXe siècle, passer les cols, c’était comme traverser la Méditerranée, on pouvait mourir en chemin. Pour les géographes critiques, la frontière naturelle n’existe pas. Toute frontière est politique et sociale. Le barrage alpin, cette verticalité, peut devenir un lieu de passage, de contact, de rencontre, d’échange entre le nord et le sud des Alpes, ou un mur, un lieu infranchissable. Cela fait quelques années que l’on a politisé l’espace méditerranéen, qu’il est devenu une barrière pour certains. Les Alpes sont dans ce même processus depuis la fermeture du passage de Vintimille à partir de 2011, puis plus récemment de celui de la vallée d’Aoste, du col du Brenner et de Côme, en 2016.

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