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OSAR | «La perspective d’un travail a profondément changé ma vie»

En ligne depuis le 23 décembre 2017

Le préapprentissage d’intégration prépare les réfugié-e-s à une formation professionnelle.

Article publié sur le site de l’OSAR, le 20 décembre 2017. Cliquez ici pour lire l’article sur le site de l’OSAR.

Les réfugié-e-s qui bénéficient du statut de protection en Suisse et qui peuvent y séjourner en tant que réfugié-e-s reconnu-e-s (permis B) ou personnes admises à titre provisoire (permis F), disposent généralement aussi d’une expérience professionnelle. Certain-e-s ont fait leurs études dans leur pays d’origine, d’autres n’ont pas de formation professionnelle et n’ont même pas fréquenté l’école. Il manque souvent un bon niveau de formation, les compétences ne sont pas documentées ou les formations ne sont pas reconnues en Suisse. Une chose vaut néanmoins pour tout le monde: une vie autonome en Suisse implique une intégration professionnelle pour ne pas dépendre de l’aide sociale.

Il s’agit de mieux exploiter le potentiel de cette main-d’œuvre, qui dépendrait ainsi moins de l’aide sociale. Mais sans soutien ciblé, les requérant-e-s d’asile ne parviendront jamais à cette indépendance, le seuil d’accès étant trop élevé même si les personnes concernées ont déjà travaillé ou effectué un stage en Suisse. Cela ne suffit pas pour un succès durable sur le marché du travail. Sans diplôme reconnu, on risque de gagner peu ou presque rien et de finir à l’aide sociale.

L’Organisation suisse d’aide aux réfugiés soutient l’introduction de ces «préapprentissages d’intégration» d’un an qui permettent aux réfugié-e-s reconnu-e-s ou aux personnes admises à titre provisoire de recevoir une formation de base initiale, d’effectuer un stage ou d’apprendre une langue officielle. Dans de tels préapprentissages d’intégration, les réfugié-e-s peuvent – dans les branches où il y a une demande suffisante d’apprentis – acquérir les bases nécessaires pour ensuite obtenir, en apprentissage, une attestation fédérale ou un certificat de capacité.

Un bon début

Un certain nombre de cantons et d’entreprises se sont déjà mis au préapprentissage d’intégration. À l’école professionnelle artisanale et industrielle de Ziegelbrücke dans le canton de Glaris par exemple, douze réfugié-e-s participent depuis l’automne dernier à un programme d’orientation professionnelle.

L’entreprise de logistique Planzer a démarré un projet pilote

Depuis l’été 2016, l’entreprise de transport Planzer propose aussi un préapprentissage d’un an dans les domaines logistique. L’existence de cette offre est le fruit de l’initiative de l’entreprise familiale. «Nous avons décidé d’assumer notre responsabilité sociale et de contribuer à l’intégration des réfugié-e-s», commente la famille Planzer à propos du projet pilote démarré en août 2016. Les participant-e-s au préapprentissage d’intégration ont commencé à travailler et ont fréquenté l’école professionnelle à raison d’un jour et demi par semaine en moyenne. Les apprenti-e-s ont été sélectionné-e-s au cours d’une procédure par étapes. La première étape consistait à évaluer les connaissances linguistiques et la motivation, puis il y a eu l’organisation de stages à l’essai et parfois aussi de stages de longue durée auprès de la société Planzer. Parmi les 14 participant-e-s, 9 ont décroché leur place en préapprentissage d’intégration. Neuf mois après le début, l’employeur et les apprenti-e-s sont très satisfait-e-s.

Quand travail rime avec nouvel espoir

Yohannes Yemane est rayonnant. Le fait qu’il puisse suivre une formation auprès de l’entreprise de transport Planzer a changé sa vie.

«Cette formation m’a ouvert une porte».

Né en Érythrée, Yemane a fui vers l’Éthiopie avec sa famille au début des années 90 alors qu’il n’était encore qu’un petit enfant. L’éclatement de la guerre entre l’Érythrée et l’Éthiopie en 1998 a transformé environ un million d’Érythréennes et d’Érythréens en réfugié-e-s, dont Yemane, qui a cherché refuge en Suisse.

Dessin de Ambroise Héritier

Dessin de Ambroise Héritier

Voir aussi le préjugé “Oisiveté?” de notre brochure

Il y a ce qu’on dit sur les réfugiés. Et il y a réalité.

“Travail sur appel, contrats précaires, salaires très bas… Qui profite de qui?”
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