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HCR | Crise syrienne: Tortures sexuelles et viols généralisés à l’égard des hommes et jeunes garçons

En ligne depuis le 27 décembre 2017

Selon une étude du HCR, le viol, la torture et l’exploitation sexuelle à l’égard des hommes et des jeunes garçons en Syrie et dans d’autres pays pourraient être nettement plus répandus qu’on ne l’estimait auparavant.

Article publié sur le site du HCR, le 6 décembre 2017. Cliquez ici pour lire l’article sur le site du HCR.

Durant la guerre en Syrie, son pays d’origine, Tarek a été détenu dans une cellule sans lumière pendant 30 jours avec 80 personnes – mais ce fut loin d’être le pire qu’il a enduré.

«Nous étions tous nus. La nuit, ils nous suspendaient par les mains – ils nous torturaient avec de l’électricité sur les parties génitales. Ils rentraient dans la cellule pour nous violer, mais il faisait noir – on ne les voyait pas. Tout ce qu’on entendait, c’était des gens qui disaient «Stop! Arrête!… Je pensais que j’allais mourir», se rappelle-t-il.

Tarek est loin d’être le seul à avoir enduré la torture et les abus sexuels. Selon une étude publiée aujourd’hui par le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, la violence sexuelle ainsi que la torture d’hommes et de jeunes garçons, commises par différentes parties au conflit, semblent nettement plus répandues qu’on ne l’estimait précédemment

L’étude du HCR s’appuie sur les récits de plusieurs douzaines d’informateurs et des discussions de groupe avec 196 réfugiés en Irak, au Liban et en Jordanie, organisées à la fin 2016.

Les personnes interrogées dans le cadre de l’étude ont donné des témoignages choquants de ce qu’elles ont subi elles-mêmes ou sur ce qu’ont vécu des personnes de leur connaissance. Plusieurs d’entre elles ont évoqué des violences sévères et insupportables, notamment l’utilisation d’armes pour les agressions sexuelles.

Bon nombre des agissements signalés se sont produits en détention ou dans des prisons improvisées. Les experts du HCR ont entendu des récits évoquant des violences tant à l’égard de jeunes garçons de 10 ans que d’octogénaires.

Les homosexuels, bisexuels, transsexués ou intersexués – comme Tarek – sont particulièrement vulnérables à la violence sexuelle et cette vulnérabilité ne s’arrête pas quand ces personnes quittent la Syrie. Selon les informations, les principaux auteurs de ces violences en Syrie sont les groupes armés. En dehors de la Syrie, les abus sont le plus souvent commis de manière opportuniste.

Dans les pays d’asile, la violence sexuelle subie par les jeunes garçons réfugiés provient d’autres hommes, des réfugiés comme eux, ou encore de la population locale.

L’un des jeunes garçons interrogés vivant aujourd’hui dans des pays d’asile a décrit la violence sexuelle subie ‘au quotidien’ souvent de la part d’adolescents plus âgés. Le rapport cite un employé spécialisé dans l’aide juridique expliquant que le problème est souvent décrit comme du ‘harcèlement’, mais qu’il ressort par la suite que ce sont plutôt des agissements sexuels tels que des viols. De nombreux jeunes garçons abandonnent l’école.

«Ces récits affligeants dévoilent la gravité du risque de violence sexuelle tant pour les femmes et les jeunes filles que pour les hommes et les jeunes garçons, comme le révèle ce tout dernier rapport», a déclaré Volker Türk, le Haut Commissaire assistant du HCR en charge de la protection internationale.

«Par ailleurs, nous sommes clairement confrontés à un cercle vicieux résultant du peu d’aide disponible, d’une capacité limitée à se rapprocher des survivants, de l’inaccessibilité des services et d’une loi du silence persistante – renforçant encore le mythe sur la prétendue rareté du problème», a-t-il ajouté.

Le rapport du HCR a été commandité pour examiner les caractéristiques, les causes et l’impact de la violence sexuelle à l’égard des hommes et des jeunes garçons, et tenter de recenser les bonnes pratiques et d’autres mesures afin de répondre aux besoins des victimes de violence sexuelle.

Des recommandations y sont énoncées à l’attention des agences humanitaires et d’autres acteurs engagés dans le travail auprès des réfugiés – et notamment la nécessité de renforcer les stratégies de prévention, d’améliorer les dispositions de confidentialité, d’assurer la protection contre des représailles, d’améliorer les soins apportés aux survivants, et de renforcer la sensibilisation auprès des agences et du personnel humanitaires.

Le rapport appelle également à une recherche plus approfondie pour mieux prévenir et répondre à la violence sexuelle à l’égard des hommes et des jeunes garçons lors des conflits et des situations de déplacement – une épreuve qui laisse souvent les survivants en souffrance physique et psychique qui parfois s’avère insupportable.

Ahmed, un réfugié vivant au Liban, a expliqué que l’un de mes oncles ne s’est jamais remis des abus effroyables qu’il a subis en Syrie.

«Quelques mois plus tard, il a été libéré et il nous a dit – il s’est effondré devant nous en pleurant – que strictement chaque partie de son corps avait été maltraitée à la perceuse électrique. Il avait été violé…», a indiqué Ahmed.

«Après avoir été libéré, il a arrêté de manger et il est devenu alcoolique. Il est mort d’une insuffisance rénale.»

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