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Appel d’elles | Le «MeToo» de la migration féminine oubliée des médias

En ligne depuis le 8 mars 2018 - modifié le 16 mars 2018

Lancé le 7 mars 2017, l’Appel d’elles a recueilli plus de 6900 signatures dans toute la Suisse en faveur de la protection des femmes et des enfants qui y demandent l’asile. Ces signatures ont été remises aujourd’hui à la Chancellerie fédérale à Berne dans le cadre d’une action collective. Nous publions ici le texte du collectif, également publié dans le journal Le Courrier du 8 mars 2018.

Sans voix, ni droits. En brisant le mur de silence, d’indifférence et de violence qui entoure les femmes migrantes en danger d’expulsion, l’Appel d’Elles veut amener les autorités suisses à l’évidence de leur accorder l’asile.

Dignes et seules, fortes et vulnérables, ces femmes, souvent accompagnées d’enfants en bas âge, vivent en essayant d’oublier ce qui ne s’efface plus: le drame du départ, les cris des amies, des compagnes de voyage qui disparaissent dans les vagues de la Méditerranée, les pleurs de celles qui, le matin, reviennent en cellule après une nuit de violences subies, cette violence qu’elles ont aussi toutes connue.

Elles ont toutes dû passer par là, l’obligation cruelle et humiliante de tout raconter, plusieurs fois, toutes les violences vécues dans le détail, dans les bureaux d’une administration suisse qui n’avait qu’une seule réponse: «retournez d’où vous venez».

Et c’est à d’autres femmes, celles qui toujours et encore luttent pour une logique de l’accueil face à la logique de l’expulsion pratiquée par la Suisse que ces femmes ont pu murmurer leur vécu. Petit à petit, comme pour protéger celle qui écoute, enfin sans crainte de ne pas être crues.

Ce murmure s’est transformé en cris de centaines de femmes grâce à l’Appel d’Elles, lancé par le Collectif R de Lausanne et immédiatement adopté par des dizaines d’autres associations.

Depuis, plus rien ne peut être comme avant. Un cordon de protection s’est tissé autour d’elles, fruit de solidarités et de résistances face à une nouvelle dose de violence, le refus du droit d’asile qui s’abat sur ces femmes en détresse.

L’Appel d’Elles est le «MeToo» de la migration féminine, oubliée des médias. Il s’intègre dans le refus du silence et de l’acceptation. Maris, passeurs, geôliers, policiers ou simples citoyens ont abusé de ces femmes. Combien d’enfants nés de ces viols, souvent pendant le voyage sur les funestes rafiots de Méditerranée! Combien de traumatismes vécus! Par les femmes mais pas seulement: des hommes migrants nous ont difficilement raconté les séances de viols auxquelles ils ont été obligés d’assister sous la menace: les viols de leurs compagnes de voyage.

Comment continuer la route de l’exil, comment dépasser les barrières, recevoir les refus, défendre ses droits toujours, en gardant espoir et confiance dans les êtres humains?

Ce n’est pas dans les bureaux des centres d’enregistrement que les migrant-e-s peuvent retrouver la confiance perdue, surtout pas les femmes. La logique de l’expulsion est la seule appliquée et crachée à la figure de celles qui demandent protection.

Et pourtant, depuis 1998, les motifs de fuite propres aux femmes sont reconnus et inscrits dans la loi sur l’asile suisse. Pourquoi depuis lors rien n’a été fait pour l’application de cette loi?

Le Collectif Appel d’Elles a demandé à être reçu par la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga. Un refus laconique nous est parvenu quelques jours plus tard. Refus incompréhensible de la part de l’autorité politique en charge de l’asile, presque offensant pour des personnes défendant la voie démocratique du colloque entre autorité et société civile. Le Collectif ne lâche pas prise et retourne vers Mme Sommaruga avec la même demande.

Le statu quo n’est pas acceptable.

Si la police est toujours derrière la porte prête à menotter et expulser, nous toutes et tous signataires de l’Appel d’Elles sommes prêt-e-s à défier cette violence et à nous mobiliser à nouveau autrement pour la protection des femmes migrantes, sans craindre d’être accusé-e-s de délit de solidarité. Le destin des plus fragiles ne peut pas être laissé dans les mains d’une administration sans scrupules.

En soutien à cette campagne, Le Courrier a publié des témoignages de femmes migrantes:
lecourrier.ch/auteur/collectif-appel-delles/


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