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Éditorial | Affirmer ses valeurs, contre la société du rejet

En ligne depuis le 4 octobre 2018 et publié dans - modifié le 22 octobre 2018

« Aidez d’abord les Suisses dans le besoin ! ». Cette phrase, que l’on trouve fréquemment sur les commentaires en ligne des journaux et sur les réseaux sociaux dès que le mot « étranger », « migrant » ou « demandeur d’asile » est évoqué, est loin d’être anodine. Elle concrétise cette mise en concurrence des défavorisé-e-s sur laquelle s’appuient les mouvements populistes pour parvenir au pouvoir. Et mérite d’être prise à bras le corps par les défenseurs du droit d’asile.

Il ne s’agit aujourd’hui plus seulement de montrer que celles et ceux qui se présentent comme les sauveurs ou les représentants « du peuple » sont les premiers à s’activer contre les intérêts des gens qu’ils prétendent défendre.

Il s’agit surtout de montrer que le socle minimal de droits que l’on cherche à préserver et promouvoir bénéficiera autant aux réfugiés qu’à celles et ceux que le système aura fragilisés.

Quand le canton de Berne, sur proposition d’un conseiller d’État UDC, réduit les montants de l’aide sociale en dessous des normes minimales recommandées par la Conférence suisse des institutions d’action sociale (CSIAS), il ne fait que s’engouffrer dans la brèche ouverte à l’encontre des demandeurs d’asile [1].

L’asile est un laboratoire du démantèlement social; il peut devenir un laboratoire de la reconstruction sociale. C’est peut-être une vision idéaliste de l’action politique. Mais que dire de la pratique actuelle ? De quelle vision est-elle porteuse ? Le bien commun ?

Prenons les mineurs non accompagnés (notre dossier). Leur prise en charge a fait l’objet d’une grande attention, de graves failles ont été identifiées, des mesures recommandées (pp. 2 à 5). Citoyens, acteurs privés et publics se sont mobilisés autour d’eux et des pistes, nouvelles, ont émergé.

Ces mesures doivent être mises en place d’urgence. Et certaines méritent d’être étendues à d’autres jeunes en rade ou en souffrance. Ainsi de l’initiative cantonale visant à accorder à tout jeune jusqu’à 25 ans le droit, s’il le désire, de se voir attribuer un mentorat pour l’accompagner dans sa formation ou son insertion professionnelle. Elle a été lancée cet automne à Genève.

De même, l’accompagnement des mineurs non accompagnés ne devrait pas s’arrêter net au 18e anniversaire. Certains sont vulnérables, n’ont pas encore acquis les outils nécessaires à se débrouiller seuls dans une vie d’adulte. Les abandonner brutalement à leur sort réduit tous les efforts à néant. Et coûtera à terme pour la société bien plus que l’investissement de départ: ces jeunes sont pour la plupart destinés à construire la Suisse de demain.

Il y a aujourd’hui urgence à instaurer une autre dynamique, basée sur le long terme et sur la cohésion sociale. La société du rejet, que l’on voit surgir un peu partout en Europe, ne pourra être combattue que dans l’affirmation de valeurs de solidarité, et dans l’assurance que personne ne restera à la traîne.

Les autorités doivent avoir le courage d’affirmer que ces jeunes sont d’abord des êtres humains. Que leur statut ne devrait pas les démunir, mais au contraire signifier une attention accrue, afin de leur garantir ce que tout enfant, en Suisse, est en droit d’attendre pour se développer harmonieusement. Protéger le principe de l’intérêt supérieur de l’enfant aujourd’hui revient à protéger les droits fondamentaux qui nous concernent toutes et tous.

SOPHIE MALKA

[1] Le principe a été consolidé dans la dernière révision de la loi sur l’asile.


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