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Asile LGBT | Recherche-action sur l’accueil des personnes LGBT+ à Genève

En ligne depuis le 5 février 2019

Asile LGBT+ Genève publie le rapport final de sa recherche-action menée pendant 3 ans (2016-2018). Basé sur l’action communautaire, ce travail met le doigt sur la vulnérabilité renforcée à laquelle sont soumises les personnes issues de la communauté LGBT+ ayant déposé une demande d’asile en Suisse. Amenées à se mettre dans une position d’auto-exclusion face à des structures d’accueil qui ne répondent pas à leurs besoins, ces personnes sont contraintes à l’invisibilité, ce qui engendre un manque d’accès à une protection légale et sociale. Relevant un contenu qualitatif et quantitatif, ce rapport décrit de manière très documentée les problématiques spécifiques liées à cette appartenance. Il propose des recommandations pour permettre une reconnaissance de leurs droits et leur assurer la protection nécessaire.

Le rapport “Recherche-action sur l’accueil des personnes LGBT+ à Genève” se trouve sur le site d’Asile LGBT. Il peut-être téléchargé en PDF en cliquant sur l’image ci-dessus.

En lien, le 7 janvier 2019 aura lieu la soirée de lancement de l’association Asile LGBT+ Neuchâtel à l’AMAR avec un beau programme à découvrir ici.

Récapitulatif des résultats de la recherche

  1. Les réfugié·es LGBTI+

Les réfugié·es LGBTI+ cumulent des facteurs de vulnérabilité liés à la fois à leur situation de migration et à leur OSIEGSB, qui se conjuguent entre eux pour créer des situations spécifiques de vulnérabilité les exposant à des risques physiques, psychiques, sociaux et/ou légaux propres. Ceux-si se déclinent dans toutes les facettes de leur quotidien, marqué par une insécurité constante, réelle ou ressentie, qui les pousse à l’invisibilité et à l’auto-exclusion comme stratégie de protection, limitant ainsi leur accès aux ressources et aux droits.

Une protection non-garantie

Les réfugié·es LGBTI+ rencontrent de nombreux obstacles dans l’accès à la protection légale comme sociale. L’aspect légal, non investigué dans la première phase de recherche centrée sur l’accueil au sein du canton, est développé dans la 2e partie de ce document.
Les conditions d’accueil et de vie dans lesquelles les réfugié·es sont placées à Genève ne permettent pas aux personnes LGBTI+ de vivre ouvertement et sans crainte leur identité, contrairement aux préconisations du droit des réfugié·es6.

Le foyer, lieu de vie et de danger

Le principal lieu d’insécurité est le foyer, qui est le lieu de vie même des personnes. Les conditions de vie dans les foyers (partage des espaces, promiscuité, angoisse de l’attente, désoeuvrement) favorisent le déclenchement des conflits, et l’OSIEGSB reste une raison de discrimination forte. Les autres habitant·es, qui proviennent souvent de sociétés discriminant les OSIEGSB non-conformes aux normes sociales, sont ressenti·es comme autant de menaces et de dangers. De fait, tou·tes les participant·es à notre étude ont rapporté des cas de violences, principalement psychologiques (regards, ricanements, mises à l’écart, …) mais ayant pu aller jusqu’à l’agression physique.

Des conséquences néfastes en terme de santé globale

Afin de garantir leur protection, les réfugié·es LGBTI+ se cachent ou s’isolent de leur environnement immédiat, c’est-à-dire de leur communauté d’origine ou de la communauté migrante en général. Dans un contexte où les liens avec la société d’accueil sont relativement restreints, cette stratégie d’invisibilité a un coût social et psychologique fort, et a pour effet paradoxal, en les privant de soutien, de renforcer encore plus leur insécurité subjective et objective.

Le fait de ne toujours pas pouvoir vivre ouvertement leur identité, la honte de soi qui peut y être associée, le sentiment global et omniprésent d’insécurité et de désintégration sociale et émotionnelle, affectent évidemment négativement la santé des réfugié·es LGBTI+, aussi bien physique que psychique.

 

  1. Les acteurs

Tous les acteurs en jeu sont tenus d’assurer une égalité d’accès à leurs prestations pour le public auquel ils s’adressent, or certains dispositifs ou pratiques, d’apparence neutres, pénalisent dans les faits les réfugié·es LGBTI+. Ainsi, des obstacles importants au coming-out des réfugié·es LGBTI+ existent également au sein des différentes structures auprès de qui iels pourraient trouver un soutien. N’ayant pas la possibilité de se présenter ouvertement et en toute sécurité comme LGBTI+, iels ne bénéficient pas d’un suivi adapté à leurs besoins dont beaucoup restent dès lors non-couverts, les excluant de fait de certaines ressources et droits.

Des cadres non-inclusifs

Les rapports de domination de sexe et de race qui traversent la société tout entière, se reproduisent évidemment aussi dans ces structures (asile comme LGBTI+), et ont pour effet d’invisibiliser, voire même d’exclure les réfugié.es LGBTI+. Finalement, l’invisibilité se renforce elle-même: les réfugié·es LGBTI+ ne percevant aucun signe d’ouverture au sein des structures craignent d’y être mal accueilli·es et préfèrent rester invisibles; les structures, ne voyant aucun·e réfugié·e LGBTI+ ne ressentent pas le besoin de se questionner sur leur prise en charge ou d’adapter leurs prestations.

Une fragmentation des prises en charge

Face à ce constat, la plupart des acteurs reconnaissent manquer de ressources propres pour répondre à ces situations : manque de connaissances sur l’asile ou les questions LGBTI+ et manque d’outils pour appréhender les situations qui en découlent. Ceci est renforcé par un manque d’identification des acteurs auprès desquels trouver ces ressources. En découle une prise en charge concentrée sur les questions pour lesquelles les acteurs ont légitimité et compétences à agir. Or, cette fragmentation ne permet pas de prendre en charge les personnes dans leur singularité et leur globalité.

La nécessité d’un espace charnière

La sollicitation du projet Asile LGBT Genève par de nombreux acteurs – associations LGBTI+, associations ou institutions de l’asile mais aussi par des réfugié·es LGBTI+ ayant des problématiques qu’iels ne savent pas à qui soumettre – montre bien l’intérêt d’un travail de réseau et la nécessité d’un espace charnière, qui fasse le pont entre les réseaux LGBTI+ et asile, et les réalités et expérience de vie qu’ils recouvrent.

 

  1. Recommandations

Visibiliser et inclure les réfugié·es LGBTI+

La prise en compte adaptée des besoins spécifiques des réfugié·es LGBTI+ nécessite d’abord de reconnaître leur situation spécifique de vulnérabilité. Rendre les réfugié·es LGBTI+ visibles auprès des différents acteurs est la porte d’entrée à leur prise en charge.

Faciliter l’identification des réfugié·es LGBTI+

Les standards d’accès, de communication et de protection doivent être rendus inclusifs des personnes LGBTI+ réfugiées et garantis, indépendamment du fait que les personnes aient ou non, révélé des informations concernant leur OSIEGSB, ceci afin de proposer un cadre sécurisé permettant le coming-out.

Adapter les prises en charge

Les prises en charge doivent être améliorées pour répondre à leurs besoins spécifiques et permettre leur accès aux droits et aux ressources, en toute sécurité. Ceci implique de développer des outils adaptés à ces besoins, et en particulier de créer les conditions qui leur permettent de vivre ouvertement leur OSIEGSB, en terme d’hébergement par exemple.

Favoriser la participation des réfugié·es LGBTI+

Il est impératif de favoriser la participation des personnes directement concernées aux décisions et aux actions qui les concernent afin de mettre en oeuvre des mesures véritablement adaptées.
Favoriser la diversité de « sexe » et de « race » au sein des équipes salariées et/ou décisionnelles est également une façon de reconnaître la présence et l’expertise des personnes au quotidien, et de créer des cadres propices au coming-out et à la justesse des prises en charge.

 


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