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Opinion | Fermer l’Etoile? Pour le remplacer par quoi?

En ligne depuis le 3 septembre 2019 et publié dans
Opinion publiée en accompagnement du témoignage “Depuis que nous ne sommes plus à l’Etoile, ça va mieux psychologiquement” paru dans la revue Vivre Ensemble (https://asile.ch/2019/08/12/temoignage-depuis-que-nous-ne-sommes-plus-a-letoile-ca-va-mieux-psychologiquement/)

«L’idéal consisterait à éviter une trop grande concentration de jeunes dans un même lieu et de privilégier des plus petits foyers pouvant accueillir au maximum 40-50 jeunes», expliquait en mars 2017 déjà le Conseil d’État genevois dans le cadre du 3e rapport d’une «Task force» interdépartementale sur l’accueil des RMNA à Genève. Très critique sur le foyer de l’Étoile, le rapport parlait d’une structure inadaptée et surdimensionnée induisant un encadrement difficile à mettre en place.

Le centre est constitué de deux bâtiments modulaires et provisoires, situés en bordure d’un important carrefour routier dans la zone industrielle. Il accueillait en 2017 quelque 130 mineurs, en plus de familles et jeunes adultes. Mais aurait pu en héberger jusqu’à 250…

Le Conseil d’État préconisait alors « d’offrir [aux mineurs] un environnement rassurant, stable qui leur permette de dépasser les difficultés vécues. Un héberge- ment adéquat, un encadrement restaurateur, des adultes attentifs et fiables, une vie sociale aussi normale que possible et un accès à la formation en vue à terme d’une insertion socioprofessionnelle sont des éléments centraux pour garantir la sécurité des jeunes, pour leur permettre de créer des relations stables et se projeter dans l’avenir. »

C’est dans ce rapport que la véritable vision de l’Hospice général, dont le slogan est « Mieux vivre ensemble à Genève », était apparue noir sur blanc. Alors que la Task force « considéra[it] qu’un mineur requérant d’asile est avant tout un enfant, un jeune en devenir [et qu’] un changement de paradigme apparaît essentiel dans le but d’accorder les normes d’encadrement avec celles d’un foyer éducatif ». Il était précisé : « Il faut relever que l’Hospice général s’oppose formellement à cette position, et considère qu’un requérant d’asile mineur est avant tout un migrant soumis à la loi fédérale sur l’asile et que ses besoins ne sont pas les mêmes que ceux des jeunes suisses en foyer éducatif.»

Paradoxalement, dans ce même rapport, la Task force mise en place en 2013 s’était auto dissoute pour confier la direction des opérations à… l’Hospice général. Un an plus tard, la Cour des comptes reprenait quasi les mêmes critiques pour les assortir de recommandations, dont une ligne claire de politique générale de prise en charge de ces jeunes. Sur le terrain, les choses ont piétiné. Et encore un an plus tard, c’est un nouveau rapport, cette fois commandé à la HETS, qui est annoncé par le Conseil d’État. Encore un rapport…

La société civile, lasse de l’inaction et des promesses non tenues, annonce pour fin juin des recommandations issues des Assises organisées en mai sur la prise en charge des jeunes adultes et mineurs non accompagnés. La parole des résidents et anciens résidents de l’Étoile y sera représentée. Et l’on souhaiterait instamment que les intervenants sociaux dans ces lieux de vie auprès des jeunes, pris en tenailles par des injonctions contradictoires entre leurs valeurs et le manque de moyens offerts par leurs dirigeants, puissent également faire entendre leur voix.

SOPHIE MALKA

[1] Rapport de la Cour des comptes, Audit de gestion et de conformité relatif aux requérant mineurs non accompagnés (RMNA), N° 136, 27 février 2018.
[2] Ibid.p.49.
[3] Sophie Malka, Audit | Prise en charge des mineurs non accompagnés: un avenir hypothéqué, Vivre Ensemble n° 169 septembre-octobre, 2018.


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