Collecte de fonds | Agir juridiquement pour empêcher les renvois vers le Burundi
Depuis plusieurs décennies, la situation des droits humains au Burundi ne cesse de se détériorer, contraignant des milliers de Burundais·es à fuir leur pays pour préserver leur vie et leur dignité. En Suisse, de nombreux demandeur·euses d’asile burundais·es font actuellement face à des décisions de renvoi, alors que les risques de persécution, d’emprisonnement arbitraire ou de représailles sont avérés et documentés. Face à cela, des réfugié·es burundais·es résidant actuellement en Suisse ont entamé une démarche juridique afin d’empêcher les renvois forcés au Burundi des personnes déboutées de l’asile. Une collecte de fonds a été lancée afin de couvrir les frais liés à cette action juridique. Nous relayons cet appel et les détails des besoins financiers. Les coordonnées bancaires sont disponible en bas de page.
Ci-dessous, le document initial de la collecte de fonds, que vous pouvez également télécharger ici.
Collecte de fonds : Agissons juridiquement pour empêcher les renvois vers le Burundi !
Depuis plusieurs décennies, la situation des droits humains au Burundi ne cesse de se détériorer en raison de régimes autoritaires, de fraudes électorales, de l’absence de liberté d’expression, d’exécutions extrajudiciaires de l’impunité généralisée, etc. Face à ces violations graves et persistantes, des milliers de Burundais·es ont été contraint·es de fuir leur pays pour préserver leur vie et leur dignité.
En Suisse, de nombreux demandeur·euses d’asile burundais·es font actuellement face à des décisions de renvoi, alors que les risques de persécution, d’emprisonnement arbitraire ou de représailles sont avérés et documentés. En 2024, le Secrétariat d’Etat aux migrations a octroyé l’asile uniquement dans 21,7% des cas (26% en incluant les permis F). Nous avons donc décidé d’agir collectivement et de manière structurée.
Nous, ressortissant·es burundais·es résidant actuellement en Suisse, entamons une démarche juridique urgente afin d’empêcher les renvois forcés au Burundi des personnes déboutées de l’asile. Le Burundi demeure un pays non sûr.
De 2015 à nos jours, les autorités burundaises refusent l’accès au Rapporteur spécial des Nations Unies chargé d’évaluer la situation des droits humains dans le pays. Comment un État refusant tout contrôle international peut-il être considéré comme «sûr» par les autorités suisses, alors même que la Suisse reconnaît elle-même, dans ses propres rapports officiels, la gravité des violations en cours? [1]Déclaration de la Suisse sur la situation des droits de l’homme au Burundi à la 60ème session du Conseil des droits de l’homme, le 19 septembre 202 … Lire la suite
En effet, procéder à de tels renvois constitue, selon nous, une violation du principe de non-refoulement, principe fondamental du droit international inscrit dans de nombreuses conventions. Ce principe interdit formellement d’expulser une personne vers un pays où elle risque la persécution, la torture ou des traitements inhumains ou dégradants.
C’est dans ce contexte que nous sollicitons un soutien financier afin de couvrir les frais liés à cette action juridique essentielle. Les premières démarches ont déjà été engagées grâce à la contribution de quelques compatriotes, qui ont rencontré l’avocate Emma Lidén, spécialisée dans le droit d’asile, au sein de l’étude Peter & Moreau à Genève. Cette dernière est volontaire pour mener ce travail et plusieurs options ont été discutées avec elle dans le cadre d’un mandat.
La première est la rédaction d’une lettre d’allégations aux Rapporteur·es spéciaux de l’ONU contre la Suisse. Cette lettre présentera des cas concrets de refus d’asile et les risques encourus en cas de renvoi. Elle exigera de la Suisse de se justifier si les Rapporteur·es spéciaux saisissent le cas. Ce travail nécessitera entre 10 et 16 heures de travail au tarif préférentiel de 300 CHF/heure. Une provision initiale de 4’500 CHF + TVA est requise. Ce travail doit être la priorité, car ceci est relativement simple et rapide, ceci pourrait avoir un impact important et immédiat sur les cas de personnes en Suisse. L’envoi de cette lettre pourra s’accompagner d’un travail de médiatisation afin de visibiliser l’action.
Dans un second temps, d’autres actions pourront être envisagées comme des recours individuels devant les instances juridiques internationales (comités de l’ONU ou Cour européenne des droits de l’homme) ou des interventions juridiques collectives.
Un comité d’organisation a été mis en place afin de garantir une gestion transparente et responsable des fonds. Les dons sont récoltés à travers le compte bancaire de la coordination asile.ge à Genève. Un contrat officiel sera signé avec l’avocate mandatée pour encadrer légalement cette collaboration.
Pour finir, nous sommes déterminé·es à agir dans le respect des lois suisses, avec dignité et détermination, afin de défendre notre droit fondamental à la protection et à la sécurité. Chaque contribution, quelle qu’en soit la taille, représente une voix contre l’injustice et un geste concret pour sauver des vies.
« Ensemble, mobilisons-nous pour dire non aux renvois vers le danger. »
Cette démarche est initiée par un groupe de réfugié·es burundais·es en Suisse, avec le soutien des associations, Droit de rester Neuchâtel, Fribourg, Vaud et Valais, Solidarité Tattes, Médecins Action Santé Migrant·e·s, Solidarité sans frontières, Coordination asile.ge et Conférence asile romande. – octobre 2025
Coordonnées bancaires pour vos dons:
Coordination asile.ge, 1211 Genève 8, IBAN CH28 0900 0000 1202 2018 1, mention « action Burundi »


Notes
| ↑1 | Déclaration de la Suisse sur la situation des droits de l’homme au Burundi à la 60ème session du Conseil des droits de l’homme, le 19 septembre 202 : |
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