Refugees[at]work | « La motivation n’a pas de frontières »
Sylvain Roch est directeur général de la Société Guimet, entreprise genevoise spécialisée dans les canalisations. Il a accueilli dans ses locaux l’initiative genevoise Refugees[at]word pour partager son expérience: le recrutement de deux apprentis issus du domaine de l’asile. Dans une vidéo tournée à cette occasion et relayée aujourd’hui sur asile.ch, il revient sur les motivations de son entreprise, les démarches effectuées et les bénéfices humains et professionnels de cette intégration.
©Image de couverture: Tung Art sur Pixabay.
Lorsqu’il s’agit d’engager des personnes relevant de l’asile, plusieurs questions peuvent se poser. Parmi elles: sauront-t-elles s’adapter à nos codes du travail? Est-ce que mon équipe pourra collaborer avec elles?
Le problème culturel n’existe pas à Genève. Je pense que c’est vraiment nous qui nous mettons des barrières. Aujourd’hui chez Guimet on a plein de pays, plein d’origines différentes et on voit que ça fonctionne. Parce qu’on a les mêmes valeurs. La motivation n’a pas de frontières.
Sylvain Roch, directeur général chez V. Guimet Fils S.A.
Ci-dessous, retrouvez directement la vidéo tournée et diffusée par Refugees[at]work.
Si j’ai un conseil à donner aux entrepreneurs: osez, c’est facile, c’est gratifiant. C’est des jeunes qui sont motivés, qui ont envie, qui demandent à avoir cette chance. Et je pense qu’il faut leur donner.
Sylvain Roch, directeur général chez V. Guimet Fils S.A
Saura-t-il ou elle s’adapter à nos codes du travail?
En Suisse, on associe souvent «codes du travail» à quelques valeurs phares: ponctualité, respect des horaires, hiérarchie relativement horizontale, rigueur administrative et normes de sécurité élevées. Ces caractéristiques sont parfois présentées comme des spécificités helvétiques, difficiles à appréhender pour des personnes venues d’ailleurs.
Il n’est donc pas rare d’entendre que les personnes issues de l’asile auraient plus de peine à s’intégrer professionnellement, faute de maîtriser ces usages implicites. Une idée reçue qui a pour conséquence le rejet de dossiers de personnes étrangères lors du tri des CV. Une barricade qui se dresse sur le marché du travail. Une discrimination sans fondement.
Les témoignages et l’expérience des employeur·euses contredisent en effet largement cette perception. Loin d’être des «étranger·ères aux codes», les réfugié·es démontrent une capacité d’adaptation rapide et durable. Leur parcours d’exil, jalonné d’obstacles, les a souvent contraint·es à développer des compétences d’ajustement hors du commun.
- L’adaptation: une compétence acquise par l’exil
- Ponctualité et horaires: un «mythe suisse»?
- Ce qu’en disent les employeurs
Depuis le début de l’année, 11 nouvelles pages sont disponibles sur asile.ch. Chacune d’entre elles cible une idée reçue qui freine l’accès à l’emploi pour les personnes relevant de l’asile. En savoir plus.