OIM | Les voies migratoires exposent des milliers d’enfants aux passeurs et à l’exploitation
Parmi les 31’100 enfants arrivé·es en Europe en 2025 par les routes migratoires, plus de 20’000 sont sans parent ni tuteur·rice. Alors que les politiques européennes fragilisent considérablement les voies migratoires sûres, ces mineur·es sont davantage livré·es aux passeurs et plus exposé·es à la violence et à l’exploitation. L’OIM appelle aujourd’hui à un renforcement de la coopération entre les État européens et les pays situés le long de ces routes. Elle les exhorte à placer l’intérêt supérieur de l’enfant au cœur de chaque décision, à garantir un accès rapide aux services et à ne jamais placer des enfants en rétention à des fins migratoires. En complément de ce communiqué, retrouvez le rapport sur la situation des enfants réfugié·es en 2025 (OIM, HCR, UNICEF).
Article paru sur le site de l’Organisation internationale pour les migrations.
La Directrice générale de l’OIM avertit que les passeurs s’en prennent aux enfants: 20 800 des 31 100 enfants arrivés en Europe en 2025 voyageaient…
Genève, 7 octobre 2026 – Plus de 20 000 des 31 100 enfants ayant rejoint l’Europe par des routes de migration mixte l’année dernière sont arrivés sans parent ni tuteur, selon de nouvelles données des Nations Unies. La Directrice générale de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Amy Pope, a appelé à un renforcement de la coopération entre les États européens et les pays situés le long de ces routes afin de protéger les enfants qui voyagent seuls et de lutter contre les réseaux criminels et les passeurs qui s’en prennent à eux.
Ces résultats laissent penser que la réduction des possibilités de déplacement sûr et respectueux de la protection le long de ces routes pourrait pousser les jeunes vers des parcours plus risqués, impliquant un recours accru aux passeurs et une plus grande exposition à la violence, à l’exploitation et aux abus.
«Les enfants effectuent des voyages difficiles et dangereux sans la protection d’un parent ou d’un tuteur», a déclaré Amy Pope, Directrice générale de l’OIM. «Ce rapport montre à quel point ils sont exposés à la violence et à l’exploitation lorsque les voies de migration sûres et régulières sont limitées et qu’ils doivent s’en remettre aux passeurs. Aucun enfant ne devrait avoir à affronter seul ces risques. Notre responsabilité commune est d’agir par-delà les frontières pour les protéger, défendre leurs droits et leur apporter les soins et le soutien dont ils ont besoin.»
Les arrivées totales d’enfants par voie maritime et terrestre en Bulgarie, à Chypre, en Espagne, en Grèce, en Italie et à Malte ont diminué de 25% par rapport à 2024. Parmi les enfants arrivés, 78% étaient des garçons et 22% des filles. Cependant, la part enregistrée comme non accompagnée est passée à 67%, contre 51% un an plus tôt. Les proportions les plus élevées ont été observées en Italie et en Espagne, où 86 % des enfants sont arrivés seuls.
L’Italie a fait exception à la tendance à la baisse. Le nombre total d’arrivées y est resté stable, mais le nombre d’enfants a augmenté de 12% pour atteindre près de 14 100, dont la majorité était originaire d’Égypte, d’Érythrée, de Somalie, du Bangladesh et d’Éthiopie.
Ces voyages sont dangereux. L’OIM a interrogé plus de 4 600 adolescents et jeunes adultes âgés de 15 à 24 ans le long des routes de la Méditerranée, de l’Atlantique ouest-africain et des Balkans occidentaux. Près de la moitié des personnes interrogées sur leurs expériences ont signalé avoir subi des violences physiques. Sur la route de la Méditerranée centrale, 28% ont déclaré avoir été retenus contre leur gré et 17% avoir été contraints de travailler. La Libye est demeurée le pays le plus fréquemment cité comme lieu où des abus ont été commis.
Parallèlement, les alternatives sûres se sont réduites. Les enfants représentaient la moitié des 6 800 personnes admises dans des programmes de réinstallation vers l’Europe en 2025: 3 400 enfants, contre 8 900 l’année précédente. Par ailleurs, seuls 199 enfants ont été relocalisés entre États européens dans le cadre du Mécanisme de solidarité volontaire, soit une baisse de 67%, et aucun d’entre eux n’était non accompagné.
Au total, 214 600 enfants ont demandé une protection internationale en Europe en 2025, dont 79% pour la première fois. Environ 71% des premières demandes ont été déposées dans seulement quatre pays : l’Allemagne (30%), la France (19%), l’Espagne (15%) et la Grèce (7%). Sur 210 900 décisions de première instance portant sur les demandes d’enfants, 56% ont été positives, tandis que les rejets ont augmenté de 25%.
L’OIM exhorte les États membres de l’Union européenne à placer l’intérêt supérieur de l’enfant au cœur de chaque décision, à garantir un accès rapide aux services et à ne jamais placer des enfants en rétention à des fins migratoires. Les enfants non accompagnés et séparés devraient avoir immédiatement accès à une représentation juridique. Les évaluations de l’âge devraient être rares, adaptées aux enfants et susceptibles de recours.
Le rapport, Migrant and Refugee Children via Mixed Migration Routes in Europe: Accompanied, Unaccompanied and Separated – Overview of Trends 2025, est coproduit par le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, l’UNICEF et l’OIM. Il fournit des statistiques et analyses détaillées sur les enfants accompagnés, non accompagnés et séparés arrivant en Bulgarie, à Chypre, en Espagne, en Grèce, en Italie et à Malte par des routes de migration mixte maritimes et terrestres, et est disponible ici et sur le fichier ci-dessous.
Pour plus d’informations, veuillez consulter le Centre des médias de l’OIM.
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