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Cartographie | La migration des mineurs non accompagnés

Combien sont-ils ces enfants partis seul·es sur les routes de l’exil? D’où viennent-ils? Comment les accueille-t-on et les protège-t-on ? Eurostat développe et publie des statistiques sur les mineurs non accompagnés [1]. Des données qui permettent de spatialiser notre regard sur cet aspect de la migration internationale. Ce dossier cartographique a été réalisé par Philippe Rekacewicz pour la revue Vivre Ensemble, et est publié conjointement sur asile.ch et visioncarto.net.

[1] Statistiques Eurostat


D’où viennent les enfants réfugiés?

De nombreux enfants ont dû quitter leur pays seuls, ou avec leurs parents, en raison de persécutions, de guerre, de catastrophes. Selon les dernières données du HCR, 53% des personnes déracinées sont des enfants.  Voici une carte montrant les pays d’origine des mineurs non accompagnés (données 2017).

 

Comment les États européens protègent les mineurs non accompagnés

Données 2016

Dix ans dans la vie de deux enfants sur les routes de l’exil

Hani et Hassan sont originaires de Hérat en Afghanistan. Ils avaient 12 et 14 ans lorsque leur père, un chef de guerre, a décidé de les envoyer vers l’Europe pour qu’ils puissent étudier, et espérer un avenir «un peu plus calme » et intéressant. Puisqu’il était impossible d’obtenir des visas pour eux, le père fut obligé d’utiliser un système de voyage parallèle, et a ainsi confié ses fils à un réseau de passeurs avec lesquels il était en confiance. Le voyage fut long et dangereux. Il a coûté entre 3000 et 4000 dollars pour chacun des garçons, alors qu’un vol depuis Téhéran pour l’Europe ne revient qu’à 400 ou 500 dollars…

Lire la suite du récit de Hani et Hassan

Les enfants resteront à Paris durant six ans, très vite pris en charge par la protection de l’enfance, placés en foyer et inscrits à l’école, où ils apprendront le français et mèneront des études assez brillantes. Leur naturalisation française est en cours, les dossiers sont déposés et suivis de près par les responsables de la protection de l’enfance. Il semble que pendant toute cette période, et bien que sous la responsabilité de l’État français, ils aient continué à être en étroite relation avec des adultes afghans qu’ils rencontraient régulièrement dans des parcs à Paris.

En janvier 2014, alors qu’ils sont sur le point de passer leur baccalauréat, c’est la fracture subite. Les deux garçons veulent tout arrêter, tout plaquer pour réaliser ce qui était leur rêve secret initial, rejoindre leur destination finale : les États-Unis. Le rêve américain, toujours vivant… Comme il est impossible d’y voyager directement, ils vont, toujours via des réseaux d’aides, d’abord partir au Danemark où on leur promet de les aider. Ils y resteront trois ans au cours desquels ils amélioreront leur anglais et apprendront le Danois. Mais les espoirs de partir s’amenuisent, les personnes qui avaient promis de les aider disparaissent et les deux garçons décident, du jour au lendemain, de repartir sur la route de l’exil, cette fois-ci vers l’Irlande où ils sont, depuis plusieurs mois, en attente d’une « ouverture » pour rejoindre l’Amérique…

Reste à comprendre ce mystère : qu’est-ce qui a bien pu pousser ces deux jeunes personnes à tout abandonner en France. Alors qu’ils avaient réussi à s’intégrer parfaitement dans le système éducatif français, alors qu’ils étaient en voie d’acquérir la nationalité française, les voilà repartis les poches vides dans l’inconnu, juste poussés par « l’idée » bien ancrée en eux de réaliser leur fantasme et d’atteindre le « pays parfait »…

PHILIPPE REKACEWICZ

Carte et article paru dans Vivre Ensemble n°169, septembre 2018