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Croatie | Gardienne (trop zélée) des frontières européennes

En ligne depuis le 27 novembre 2020 et publié dans

Longtemps félicitée par la Commission européenne, la politique croate en matière de migration fait couler beaucoup d’encre et met en lumière les failles européennes en matière de gestion des frontières.

Au Nord de la Bosnie Herzégovine, dans le camp improvisé de Bihac, celles et ceux qui ont tenté d’entrer en Croatie racontent avoir été violemment malmenés par les garde-frontières croates, leurs biens saisis et leurs téléphones cassés.12 juillet 2018 © UNHCR/Gregory Doane

La Croatie et l’Union européenne

Depuis le blocage de la frontière hongroise en 2015, de nombreuses personnes en quête de protection tentent de rejoindre l’Union européenne (UE)en passant par la Bosnie-Herzégovine et la Croatie. La frontière croate, longue de 1351km, est ainsi devenue un point de contrôle de haute importance pour l’UE, ce qu’a bien compris la Croatie. Désireuse de rejoindre l’espace Schengen depuis 2016, elle doit prouver qu’elle sait gérer les entrées sur son territoire.

Le 22 octobre 2019, la Commission européenne annonçait que le pays était «en bonne voie», ayant «pris les mesures nécessaires pour garantir le respect des conditions d’application des règles Schengen dans le domaine de la gestion des frontières extérieures», tout en tenant ses engagements en matière de respect des droits fondamentaux. L’article 4 du code frontières Schengen prévoit en effet que «les États membres agissent dans le plein respect […] de la charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, du droit international applicable, dont la convention relative au statut des réfugiés [de] 1951, des obligations liées à l’accès à la protection internationale, en particulier le principe de non-refoulement, et des droits fondamentaux.» Mais qu’en est-il sur le terrain ?

La Croatie et les acteurs sur le terrain

Les pratiques du pays en matière de migration sont dénoncées depuis 2016 par diverses ONG et médias. Reportages, rapports, vidéos et témoignages documentent les refoulements illégaux effectués par des policiers croates, parfois de nuit, sur des routes ou chemins menant à la frontière avec la Bosnie-Herzégovine. Des personnes migrantes racontent avoir subi des violences ou vu leurs biens volés, cassés ou détruits par les policiers. Des refus d’enregistrer les demandes d’asile ont été constatés.

Tout récemment, plusieurs sources, dont l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), ont signalé photos à l’appui que les forces de l’ordre croates avaient marqué le crâne de certains exilés de croix orange avant de les renvoyer en Bosnie. Des accusations jugées «complètement absurdes» par les autorités croates. Elles estiment que ces allégations sont inventées par les exilé·e·s dans l’espoir d’entrer plus facilement en Croatie.

Parallèlement, le gouvernement croate a mené une campagne de diffamation à l’encontre des ONG, les accusant de faciliter l’immigration illégale. Les bénévoles ont étémenacé·e·s, voire détenu·e·s sans inculpation. Certain·e·s ont cessé leur activité afin de se protéger des représailles. L’Ombudswoman croate, responsable de la promotion et de la protection des droits humains, a publiquement fait état de son incapacité à remplir son mandat, les autorités lui refusant tout accès au terrain.

Rendre des comptes ?

Le 25 mai 2020, le gouvernement a dû s’expliquer pour la première fois sur ces refoulements sommaires devant la Cour européenne des droits de l’homme, suite à une plainte déposée par trois réfugiés syriens. Et le 12 juin 2020, la Commission européenne est sortie de sa léthargie après avoir été accusée par Amnesty International de complicité dans ces actes de violence policière. L’exécutif européen a demandé à Zagreb une enquête approfondie et prévoit d’envoyer une mission sur place. À voir si l’Europe choisira de privilégier la défense des droits fondamentaux à une vision avant tout sécuritaire auprès de la Croatie.

ORPHÉE MOUTHUY


Données socio-démographiques

Capitale : Zagreb
Population : 4’087’843 (source : Banque mondiale, 2020)
Langue officielle : croate
Religions : Catholiques romains (86,28%),  Chrétiens orthodoxes (4,44%), Musulmans (1,3%), Protestants (0,34%), env. 4,5 % d’Athéistes ou agnostiques.
Demandes d’asile déposées en 2019 : 1275 (source : UNHCR)
Classement indice de développement en 2018 : 46 (source : UNDP)
Membre de l’Union européenne / non-membre de Schengen

Sources documentaires

    • Amnesty International, Violence and abuse against refugees and migrants along Balkan Route, 13 mars 2019
    • Vivre Ensemble no172, Chronique Monde,«Bosnie-Herzégovine, une étape piège», avril 2019
    • asile.ch, «ECCHR | La Croatie doit répondre devant la Cour européenne des droits de l’homme», 9 juin 2020
    • InfoMigrants, «Policiers croates accusés de violences contre des migrants: l’UE réclame une enquête approfondie», 15 juin 2020•InfoMigrants,«La police croate accusée de marquer les migrants avec des bombes de peinture», 13 mai 2020
    • SRF,«Kroatische Polizei bei illegaler Abschiebung gefilmt», 15 mai 2019