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Procédure | Interdiction de travailler: Une aide au retour volontaire!

En ligne depuis le 19 décembre 2002 et publié dans - modifié le 20 juin 2017

R., jeune Erythréenne est arrivée en Suisse en été 1994 pour y déposer une demande d’asile. Premier rejet de sa demande par l’Office fédéral des réfugiés (ODR) en avril 1996 et rejet définitif par la Commission de recours (CRA) deux ou trois mois plus tard. Aucun accord de rapatriement n’existant avec le pays d’origine, R. est donc restée en Valais sans véritable statut puisque déboutée du droit d’asile, mais tolérée en attendant que l’Erythrée accorde des laissez-passer à ses ressortissants.

R. n’a pratiquement jamais émargé à l’assistance depuis son arrivée chez nous, mis à part les quelques premiers mois, les trois premiers étant de toute façon frappés d’une interdiction de travailler. Elle a appris le français en très peu de temps et s’exprime aujourd’hui fort convenablement dans cette langue. Ayant donc travaillé régulièrement durant tout son séjour en Suisse auprès d’employeurs extrêmement satisfaits de ses services, elle a remboursé à peu près 30’000 francs à l’ODR. Elle est financièrement entièrement autonome, paie son loyer, son assurance maladie, ses charges sociales, ses impôts comme tout un chacun…

Décision aberrante

Mais voilà, l’ODR a décidé par une circulaire édictée en mai dernier d’interdire aux Ethiopiens et Erythréens déboutés (il en va de même pour les Kurdes d’Irak) de poursuivre leur activité lucrative. Résultat des courses, le foyer pour personnes âgées dans lequel R. occupe un emploi depuis plus de six ans n’a plus le droit de renouveler son contrat de travail. Ce qui la renvoie, après un séjour de plus de huit ans, à l’assistance. Elle recevra donc un montant mensuel de 450 francs pour son entretien et les frais de sa caisse-maladie et de son loyer seront également à la charge de la Confédération, partant du contribuable.

Pression au retour

L’argument invoqué pour justifier l’interdiction de travail, c’est qu’en forçant les membres de ces deux communautés, parfaitement bien intégrés et qui n’ont jamais posé de problèmes majeurs, à dépendre à nouveau de l’assistance les privant ainsi de toute autonomie financière, on les engagera à quitter la Suisse de leur plein gré… Même si, sur un plan officiel, il n’y a toujours pas d’accord de rapatriement signé avec le pays d’origine. La responsable de l’institution où R. travaille, nous a fait part de sa profonde indignation. Elle a laissé entendre qu’elle se battrait pour qu’une solution digne et humaine soit trouvée…

A noter qu’en Valais, plusieurs ressortissants d’Erythrée et d’Ethiopie sont confrontés à la même situation que R. Autonomes financièrement depuis plusieurs années, ils se retrouvent assistés et privés du droit à toucher les indemnités de chômage, assurance à laquelle ils ont cotisé. Espérons que l’employeur de R. ne sera pas le seul à s’indigner devant une pratique insensée et inhumaine.

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