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Statistiques

Statistiques | Mise à jour des données 2025

Alors que le SEM vient de communiquer ses statistiques de l’asile sur les six premiers mois de 2026, découvrez nos pages actualisées et commentées pour 2025. Elles rassemblent les principaux indicateurs de l’asile en Suisse à partir des chiffres du Secrétariat d’Etat aux migrations (SEM) et d’Eurostat. Demandes d’asile, taux de protection ou encore transferts Dublin sont analysés et représentés sous forme d’infographies permettant d’appréhender les dynamiques migratoires au fil des années. Retrouvez ci-dessous quelques chiffres-clés.


À propos des demandes d’asile

Demandes multiples: la situation des femmes afghanes

2023: changement de pratique

Depuis le 17 juillet 2023, à l’instar d’autres Etats européens, les autorités suisses ont modifié leur pratique à l’égard des femmes afghanes. Alors que la majorité d’entre elles recevaient une admission provisoire pour inexigibilité de renvoi (permis F), la politique menée par les Talibans à l’égard des femmes depuis leur arrivée au pouvoir les ont rendues éligibles au statut de réfugiées, car considérées comme à risque de persécution.

Ce changement de pratique a conduit de nombreuses femmes et de filles afghanes vivant déjà en Suisse depuis plusieurs années et souvent avec un permis F à demander le statut de réfugiées (permis B réfugiée). Un changement de statut comptabilisé dans les statistiques comme « nouvelles demandes d’asile ».

De par ce changement de pratique, le nombre de « nouvelles demandes d’asile » d’Afghanistan a donc connu une augmentation importante en 2023 et 2024. Il ne s’agissait pourtant pas, pour beaucoup, de nouvelles arrivées. Les femmes et filles concernées vivaient déjà en Suisse. L’Afghanistan était néanmoins présenté par le SEM comme « le principal pays de provenance des requérants d’asile »

Lorsque la demande de changement de statut intervient moins de 5 ans après la première demande, elle entre dans le décompte des « demandes multiples » qui sont identifiées par le SEM comme demandes dites « secondaires », à l’instar des naissances et des regroupements familiaux. Au-delà de 5 ans, la demande est comptabilisée comme « demande primaire », soit comme une demande d’asile ordinaire, comme s’il s’agissait de nouvelle arrivée en Suisse…

En 2023, « sur les 7934 demandes déposées par des ressortissants afghans, près de 1800 émanaient de personnes qui séjournaient déjà en Suisse et ont déposé une nouvelle demande d’asile à la suite du changement de la pratique en faveur des femmes afghanes » indique le SEM. Soit, 22% du total des demandes d’asile afghanes. Parmi elles, 1197 demandes étaient des « demandes multiples » (intervenues moins de 5 ans après le dépôt de leur première demande d’asile).
En 2024, 38% de l’ensemble des demandes d’asile afghanes étaient aussi de simple changements de statuts (3300/8627 demandes d’Afghanes). 71% (2577)des demandes secondaires afghanes étaient des demandes multiples, le reste étant majoritairement des naissances.

2025: la tendance revient à la normale

En 2025, la tendance revient à la normale: la part des demandes multiples dans l’ensemble des demandes secondaires retombe à un peu plus de 19%, niveau proche de celui observé avant ce changement de pratique et de la moyenne des autres pays. Les demandes secondaires sont majoritairement constituées de naissances, également de personnes ayant déjà un statut d’asile en Suisse.

est le nombre de nouvelles demandes d’asile en Suisse pour l’année 2025. Sont inclues dans cette statistique les demandes primaires et secondaires. Ces dernières n’étant généralement pas des « arrivées » en Suisse. En savoir plus.

des « nouvelles demandes d’asile » en 2025 n’étaient pas des arrivées spontanées de requérant·es d’asile, mais des demandes « secondaires » – c’est-à-dire des personnes déjà en Suisse. En savoir plus.

À propos des procédures et du besoin de protection

C’est le taux de protection octroyé en 2025 après examen des demandes d’asile par les autorités. Les décisions de non-entrée en matière ne donnent pas lieu à un examen des motifs d’asile et sont exclues du calcul du besoin de protection. En savoir plus

des procédures Dublin en Europe ont abouti à un transfert vers l’État considéré comme responsable d’examiner la demande d’asile en 2025. Le nombre de transferts entre pays montre un jeu à somme nulle, témoignant de l’absurdité du système. En savoir plus

Baisse du taux de protection: le poids des rejets des demandes d’asile de Turquie

En 2025, le taux de protection enregistre une baisse importante, s’établissant à 59% selon le calcul d’asile.ch et à près de 44% selon celui du SEM. Cette baisse de taux de protection s’explique notamment par l’augmentation des décisions de rejet prononcées à l’égard de ressortissantes de Turquie. Selon la Suisse, depuis 2024, les personnes poursuivies en Turquie pour «insulte au président» et/ou «propagande pour une organisation terroriste» n’auraient globalement pas à craindre de persécution pertinente au regard du droit d’asile dans leur pays d’origine. Cet arrêt exemplarise la pratique de plus en plus restrictive des autorités suisses à l’égard des personnes requérantes d’asile turques. Sur 8’212 décisions de rejet, 3’126 concernent des ressortissant·es turc·ques (soit 38% du total).

Procédure Dublin: écart statistiques importants entre le SEM et Eurostat

Cette année, asile.ch a entièrement revu les statistiques et graphiques consacrés à la procédure Dublin. Alors que nous nous appuyions jusqu’à présent sur les données d’Eurostat, nous avons choisi d’utiliser directement les chiffres publiés par le Secrétariat d’État aux migrations (SEM). Les graphiques concernés sont signalés par la mention «NEW».

À cette occasion, nous avons constaté d’importants écarts entre les statistiques d’Eurostat et celles du SEM concernant les demandes, les décisions et les transferts Dublin, tant entrants que sortants, alors même que les données transmises à Eurostat proviennent du SEM. Ces divergences interrogent la cohérence des statistiques publiées.

Interpellé à ce sujet, le SEM reconnaît ces différences et explique qu’« une grande partie des écarts s’explique par des approches méthodologiques différentes dans la définition et l’agrégation des données ». Il indique également qu’un travail d’harmonisation des deux systèmes statistiques est prévu, notamment dans le cadre de l’entrée en vigueur du nouveau règlement européen sur la gestion de l’asile et de la migration (AMMR) en 2026.

Il y a ce qu’on dit sur les réfugiées. Et il y a la réalité

La méconnaissance des faits constitue un terreau propice aux idées reçues. En 9 questions-réponses illustrées, la brochure «Il y a ce qu’on dit sur les réfugié·es. Et il y a la réalité» cherche à confronter ces préjugés aux faits et aux chiffres. L’objectif est d’inciter chacune et chacun à rester critique face aux informations, parfois erronées, véhiculées sur la problématique des réfugiés. Et à repousser les limites de l’intolérance et du rejet.

La brochure a été rééditée en juin 2026. Vous pouvez la commander via ce formulaire.

Un quiz actualisé qui s’en inspire est à découvrir en ligne en françaisallemand et italien.

Retrouvez également sur nos pages Préjugés sur l’asile des contenus augmentés de la brochure.