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Documentation

Collectif des Femmes exilées hébergées par l’EVAM | Les conditions d’hébergement doivent protéger la dignité et l’intégrité des femmes et des familles

Le 30 octobre, une vingtaine de membres du collectif des Femmes exilées hébergées par l’EVAM se sont réunies devant les locaux de la direction de l’EVAM pour dénoncer la politique d’hébergement de l’établissement Vaudois d’Accueil des Migrants (EVAM). Soutenu par des professionnel·les de la santé, elles s’alarment de la dégradation des conditions d’hébergement et plus généralement du recul des droits et des stratégies politiques mises en place par les autorités vaudoises. Nous relayons aujourd’hui le communiqué faisant suite à cette action et le dossier de presse du collectif, soutenu par Droit de rester et Guichet5bis.

Nous relayons ci-dessous le communiqué du Collectif des Femmes exilées hébergées par l’EVAM. Il intègre plusieurs autres documents en annexe: une lettre ouverte du Collectif adressée aux autorités (lire dans l’accordéon ci-dessous), une prise de position de professionnels de la santé et du social du canton de Vaud, la prise de position du Parlement des réfugiés de Suisse et des organisations dans le domaine de l’asile et des droits de l’enfants, les témoignages recueillis par le collectif droit de rester-Guichet5bis en 2026.

«Nous vivons avec nos 5 enfants âgés entre 12 et 5 ans dans une seule pièce. C’est impossible de les élever correctement dans ces conditions.»

Ayse*, 35 ans.

Les alertes sonnent de tous les côtés! Parallèlement, des personnes requérantes d’asile en situation difficile et des professionnelles de la santé actives s’alarment de la dégradation des conditions d’hébergement et plus généralement du recul des droits et des stratégies politiques mises en place par les autorités vaudoises.

Dans ce contexte et avec la ferme volonté de se faire entendre, ce vendredi 30 octobre 2026, une vingtaine de membres du collectif des Femmes exilées hébergées par l’EVAM se sont réunies devant les locaux de la direction de l’EVAM pour dénoncer la politique d’hébergement de l’établissement Vaudois d’Accueil des Migrants (EVAM).

Après avoir vainement invité la direction à venir les entendre, elles ont remis une lettre ouverte aux autorités (copie en annexe /n°1) revendiquant:

  • Un hébergement digne pour toutes les femmes, familles et personnes vulnérables.
  • Le respect par l’EVAM des avis médicaux et de l’intérêt supérieur de l’Enfant.
  • Le respect de leurs droits, notamment celui d’être entendues dans toutes les décisions de l’EVAM les concernant ainsi que leur droit à des procédures équitables en cas de désaccord.

Le collectif s’appuie notamment sur la prise de position du Parlement des réfugiés de Suisse et des organisations dans le domaine de l’asile et des droits de l’enfants (copie en annexe /n°2) ainsi que les constatations de professionnel.l.es du milieu de l’asile vaudois (copie en annexe /n°4).

Le collectif est accompagné dans sa lutte par Droit de Rester-Guichet5bis qui se tient à disposition pour tout renseignements. Disponibles également pour faciliter des interviews de membres du collectif ou de professionnelles de la santé ou du social actives dans les milieux de l’asile.

Sur demande, nous pouvons également transmettre les documents (décisions, présentation et documents confidentiels, etc.) étayant les constatations des professionnelles.

Elles continuent la lutte, d’autres actions sont prévues prochainement.

Contacts: guichet5bis@proton.me

Lettre ouverte du Collectif des Femmes exilées hébergées par l'EVAM +

Messieurs Mesdames les Conseiller.ère d’Etat de l’Etat de Vaud, Monsieur le Directeur de l’Etablissement Vaudois de l’Accueil des Migrants (EVAM),

Nous, femmes exilées hébergées par l’EVAM, nous adressons à vous concernant nos conditions d’hébergement qui sont source de grandes souffrances et sentiments d’injustice.

Plusieurs familles sont logées dans une seule petite chambre depuis plusieurs années. Le sommeil de nos enfants est gravement perturbé. Faire leur devoir, s’habiller le matin, se coucher le soir, aller se doucher, revenir manger, préserver un minimum d’intimité, est à chaque fois une épreuve. Le règlement très strict de l’EVAM nous empêche de nous organiser pour maintenir un semblant de vie familiale.

Les revendications du Parlement des réfugiés de Suisse et des organisations dans le domaine de l’asile et des droits de l’enfants (en annexe) doivent être appliquées.

Malgré plusieurs certificats médicaux, de nombreuses personnes se voient refuser un logement adapté à leur état de santé. Nous constatons chaque jour que l’EVAM ne suit plus les avis des médecins, y compris des pédiatres. Cela génère une souffrance inacceptable pour des personnes souvent déjà polytraumatisées par la guerre, la torture et l’exile. L’impact sur les coûts de la santé et la surcharge des réseaux de soins imposent également une meilleure prise en compte des avis médicaux.

L’EVAM justifie ses refus par une pénurie de logement indépendante de sa volonté. Nous ne pouvons y croire alors que l’EVAM cherche à obliger certaines d’entre nous, pourtant très vulnérables, à résilier des baux du marché privé. D’autres se voient imposer un placement dans des foyer spécifiquement dédiés aux renvois (foyers AU-R), au mépris du taux d’occupation des foyer «normaux». Ces pratiques dénotent une politique délibérée visant à des coupes budgétaires et à d’avantage de répression contre les bénéficiaires de l’aide d’urgence dont les droits et la prise en compte des vulnérabilités sont de plus en plus restreints.

Dans les foyers, toutes nos plaintes auprès du personnel de l’EVAM sont rejetées sans explication. Nous sommes arbitrairement transférées d’une chambre à l’autre sans pouvoir donner notre avis. L’EVAM refuse de nous remettre des décisions écrites et cherche à limiter notre droit de réclamation, pourtant garanti par la loi sur la procédure administrative.

Ces atteintes aux droits fondamentaux sont particulièrement graves lorsqu’elles concernent des espaces réservés aux femmes, dont nombre d’entre elles ont subi la traite, l’emprise et des violences sexistes et sexuelles.

Nous revendiquons:

  • Un hébergement digne pour toutes les femmes, familles et personnes vulnérables.
  • Le respect des avis médicaux et de l’intérêt supérieur de l’Enfant.
  • Le respect de nos droits, notamment notre droit à être entendues dans toute les décisions de l’EVAM nous concernant et notre droit à des procédure équitable en cas de désaccord.

Collectif des Femmes exilées hébergées par l’EVAM (collectif accompagné par Droit de rester-Guichet5bis / guichet5bis@proton.me)

Lettre remise en remise en mains propres à l’EVAM à Lausanne, le 30.10.2026.

La rubrique Documentation relaie des actualités et prises de position d’acteur·ices de la migration et de l’asile. Les contenus publiés reflètent les opinions de leurs auteur·ices et ne représentent pas nécessairement la position d’asile.ch.

30.10.2026 Collectif des Femmes exilées hébergées par l’EVAM / ©J / CC BY-NC-SA 
30.10.2026 Collectif des Femmes exilées hébergées par l’EVAM / ©J / CC BY-NC-SA 
30.10.2026 Collectif des Femmes exilées hébergées par l’EVAM / ©J / CC BY-NC-SA