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Post-14 juin. Une visibilité renforcée pour les femmes migrantes

En ligne depuis le 25 novembre 2019 et publié dans

L’apport des femmes migrantes à la grève féministe

14 juin 2019 : plus d’un demi-million de personnes, dans toute la Suisse, ont investi les rues et les places de nos villes. Événement peu commun, auquel ont participé de nombreuses femmes migrantes, apportant leurs expériences, leurs propres revendications, leurs pancartes et banderoles colorées, leur force et leur enthousiasme. Dès le départ, cette grève s’est voulue inclusive, cherchant à créer un mouvement aussi large que possible, réunissant des femmes de toutes conditions, de toutes origines, vivant des oppressions diverses. Objectif atteint, ouvrant de nouvelles perspectives de solidarités. 

Parmi les éléments porteurs de cette grève féministe a été le choix, plus net que lors de la première grève de 1991, d’élargir le champ des contestations sociales. C’est ainsi qu’ont été intégrées les revendications des femmes dont les conditions de vie et de travail demeurent invisibles – référence au travail domestique et du soin; à l’isolement dans les centres de procédure pour réfugié- e-s. Des femmes dont les droits sont particulièrement bafoués. Les plus nombreuses à être touchées sont issues de la migration, d’où l’importance qu’une lutte commune entre « femmes d’ailleurs et femmes d’ici » puisse se construire.

Dans son fondement, le mouvement s’est clairement défini comme antiraciste et anticapitaliste, refusant de se limiter à la seule critique du patriarcat. Une position essentielle pour dénoncer l’exploitation des femmes migrantes et pour que ces femmes puissent trouver une place dans la construction de cette grève.

Une mobilisation décentralisée

L’ampleur des manifestations du 14 juin fut le résultat d’un intense travail de construction, durant une année entière, dans une approche voulue de décentralisation. Dans les différents cantons, à l’échelle des villes, voire des quartiers,ou encore dans des agglomérations plus périphériques et des villages, des collectifs locaux se sont créés et se sont fait connaître. Du fait de leur proximité, ils ont permis à des femmes de plus en plus nombreuses, de tous âges, d’appartenances sociales et culturelles différentes, affiliées ou non à des organisations, de se retrouver et de se connaître, tant à l’intérieur de ces collectifs, que sur leurs lieux de travail, de formation et de vie. Chacune a ainsi pu prendre sa place et apporter la contribution qui lui convenait.

Cette approche,où «le bouche à oreille» fut déterminant, a notamment aidé à ce que les femmes migrantes soient informées, qu’elles puissent sortir d’un certain isole- ment et qu’elles osent s’affirmer dans leurs propres revendications.

Une visibilité renforcée

Le groupe Femmes Migrantes Vaud s’est ainsi construit à travers des contacts personnels, des échanges avec les maisons de quartiers ainsi qu’avec le collectif vaudois de soutien des sans-papiers.

A l’instar de l’action menée à Genève pour celles qui n’osaient ou ne pouvaient participer (parce que sans statut légal et / ou risquant leur place de travail), certaines ont pu se faire représenter par des « porte- parole» dénonçant les discriminations qu’elles subissent.

Dans le canton de Neuchâtel, des associations de femmes migrantes (kurdes, africaines, tamoules,…) se sont associées aux préparatifs de la grève. Elles furent nombreuses, le jour J, à tenir des stands, s’exprimer à la tribune, produire des animations. D’autres venues spontanément ont rédigé des pancartes dans leur langue, aidées pour la traduction.
Et à travers la Suisse romande, dans plu- sieurs Centres de rencontre et de formation pour femmes migrantes, un processus de réflexion s’est fait à l’interne, aboutissant à diverses actions et animations d’ateliers le 14 juin. De magnifiques banderoles furent créées, sur lesquelles elles manifestaient, dans leurs propres mots, leur volonté de faire reconnaître leur force, et exigeaient l’égalité et le respect.

Les femmes issues de la migration furent nombreuses à rejoindre les manifestations en ville. De leur présence a résulté une certaine prise de conscience de réalités et oppressions s’ajoutant à la discrimination de genre. Et de la nécessité de continuer à les dénoncer.

Continuer à faire entendre ces revendications est justement le but de la rencontre européenne « Femmes*, Migrations, Refuge» organisée à Genève les 27, 28 et 29 septembre 2019. Un projet initié par la Marche Mondiale des Femmes, puis soutenu par de nombreuses organisations féministes et de défense des personnes migrantes. Elle constitue aujourd’hui un prolongement à la grève du 14 juin¹.

Cette rencontre vise en effet à établir une plateforme de revendications ainsi qu’un réseau européen de solidarité et de résistances. La participation active de femmes migrantes en est la pierre angulaire. Le grand nombre d’inscriptions témoigne du fort intérêt que ces journées suscitent, et d’une volonté partagée par-delà les frontières de s’unir dans la défense des droits des migrantes.

DANIELLE OTHENIN-GIRARD

* L’astérisque est utilisé ici pour inclure les multiples identités de genre

¹Voir VE, n° 172, avril 2019, ainsi que la présentation de ces journées sur le site asile.ch.

Retrouvez les 2 éditions de la revue Vivre Ensemble en lien avec les femmes et le genre.

La revue Vivre Ensemble d’avril 2019 (VE 172) proposait un dossier spécial en lien avec la Grève des femmes du 14 juin 2019:

La revue Vive Ensemble d’avril 2017 (VE 162) proposait un dossier spécial en lien avec le genre:


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