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Quiz asile 2020 | Les gagnant-e-s, et les enseignements…

En ligne depuis le 25 mai 2020

Vous avez été plus de 220 à participer à notre Quiz sur l’asile 2020. Nous dévoilons les noms -ou plutôt les pseudos- des 20 gagnantes et gagnants. Ce quiz contenait des questions-piège. Il nous apporte des indications intéressantes quant aux thématiques où certaines idées reçues prédominent et nous invite à affûter encore notre travail d’information. Qui a le droit de travailler ? Quels pays pratiquent la détention administrative des mineurs ? Quelle est la proportion de femmes réfugiées dans le monde ? Qu’en est-il du besoin de protection des personnes requérant l’asile lorsqu’on se penche réellement sur l’histoire de leur exil? Des réalités souvent méconnues à propos desquelles nous glissons ici déjà quelques informations.

Et les gagnant-e-s sont…

Cliquer sur l’image pour visualiser les scores

Voici donc la liste avec le score des 20 lauréat-e-s du Quiz sur l’asile 2020, auquel plus de 220 personnes ont pris part la semaine passée. Bravo à elles et à eux !! Pour rappel, tant les réponses que la rapidité à répondre aux questions entraient en ligne de compte pour le score final.

Vous faites partie du top 20 ?

La plupart d’entre vous ayant entré un « pseudo », nous vous invitons donc à entrer en contact avec nous afin de bénéficier du prix annoncé : un abonnement d’un an à notre revue Vivre Ensemble. L’abo peut être pour vous-même ou, si vous êtes déjà abonné-e, offert en cadeau à quelqu’un ou à une institution (café, lieu culturel) afin de faire découvrir le journal à de nouveaux publics.

Ecrivez-nous à documentation@asile.ch en indiquant :
Objet : Quiz 2020
Contenu : votre pseudo, vos prénom et nom, coordonnées postales, téléphone, et si vous êtes déjà abonné-e, les coordonnées complètes du bénéficiaire.

Les enseignements…

Retrouvez ci-dessous les questions ayant donné le plus de fil à retordre à nos participant-e-s avec nos explications, interprétations et liens utiles.

Au-delà du côté ludique, les résultats du quiz offrent quelques indications intéressantes sur certaines idées reçues pouvant être courantes dans la population. Il ne s’agit évidemment pas d’une enquête scientifique. Le quiz a été envoyé via notre site et notre newsletter, donc essentiellement à des personnes a priori intéressées par la problématique.Qu’à cela ne tienne, l’exercice invite les concurrent-e-s à répondre à ce qui leur vient en premier à l’esprit. Des réponses parfois révélatrice d’une représentation ne collant pas tout-à-fait à la réalité.

Quelle est la proportion de femmes réfugiées dans le monde?

Les femmes représentent environ la moitié des personnes réfugiées dans le monde, selon les données du HCR, l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (Global trends 2018).

Les hommes sont visiblement surreprésentés dans l’imaginaire de la migration. 27% des réponses au quiz étaient correctes. 41% des participant-e-s croyaient que les femmes ne représentaient qu’un quart ou un tiers des réfugiés! Un quart des participant-e-s ont estimé que les femmes étaient plus nombreuses.

Explications possibles de cette distorsion de la réalité: longtemps, l’iconographie illustrant les migrations montraient des bateaux remplis essentiellement d’hommes. Les événements de 2015, avec l’arrivée de nombreuses familles de réfugié-e-s fuyant notamment la guerre en Syrie, ont amorcé un changement dans cette représentation collective. Autre facteur explicatif. Alors que 80% des réfugiés dans le monde restent dans un pays voisin au leur, les hommes sont peut-être plus nombreux à tenter le périlleux parcours migratoire. Ainsi, en Suisse, les femmes représentent un peu plus de 40% des personnes relevant de l’asile (tous statuts confondus) (données du SEM).

Dans quels pays un jeune de 15 à 18 ans peut-il être détenu jusqu’à un an sans avoir commis de délit pénal?

15% des participant-e-s ont répondu tout juste. Mais plus de la moitié des personnes n’ont pas coché la Suisse. Or la détention administrative des jeunes de 15 à 18 ans jusqu’à 12 mois est légale en Suisse. Elle est prévue par la loi sur les étrangers.

Une idéalisation du respect par notre pays des droits de l’enfant? Sur ce sujet, nous vous invitons à lire l’État des lieux sur la détention administrative des mineur.e.s publié en décembre 2018 par Terre des hommes, que nous avons résumé sur notre site. Ou l’article rédigé pour notre revue Vivre Ensemble par Aldo Brina, chargé d’information au secteur réfugié du CSP, qui pointe du doigt le fait que même des enfants de moins de 15 ans ont été enfermés ces dernières années en Suisse, en violation du cadre légal!

Une fois leurs motifs de fuite examinés, la Suisse reconnaît un besoin de protection aux demandeurs d’asile dans…

La réponse était 70% à 80%. Question difficile, à laquelle Vivre Ensemble cherche à sensibiliser divers publics depuis plusieurs années, notamment via notre brochure sur les préjugés.Et visiblement il reste du travail : seul-e-s 17% des participant-e-s ont coché l’option juste, la majorité des réponses données correspondant aux chiffres communiqués par le Secrétariat d’Etat aux migrations -entre 20 et 34%(!) -dont nous contestons l’interprétation.

Dans ses calculs, le SEM gonfle le taux de décisions négatives, ceci à des fins de communication politique. Politique de dissuasion, visant à montrer la sévérité de la Suisse à l’égard des personnes en quête de protection, afin de les inciter à aller voir ailleurs. Politique de communication interne, visant à montrer que les autorités suisses sont dures. L’effet pervers -largement exploité politiquement- est de laisser croire que les personnes viennent en Suisse pour de « mauvaises raisons », ce qui tend à renforcer le préjugé du « faux réfugié » ou du réfugié « économique ». Notre démonstration et notre interprétation des données officielles ici, nous permettant d’affirmer que dans 70% à 80% des cas examinés, le besoin de protection est reconnu. Et ceci alors que la procédure est extrêmement dure. En témoignent de nombreux refus, contestés auprès des tribunaux, dont certains sont répertoriés par l’ODAE romand.

Qui a le droit de travailler après 3 à 6 mois de séjour en Suisse?

Seul 1 participant-e sur 5 a répondu correctement: tant les requérant-e-s d’asile (permis N) -après 3 à 6 mois de séjour- que les personnes admises provisoirement (permis F) et les réfugié-e-s statutaires (permis B ou C réfugiés) ont le droit de travailler en Suisse.

L’accès au marché de l’emploi est un thème important en Suisse. Si de nombreux obstacles existent (la langue, les qualifications, la reconnaissance de diplôme) et dépassent la thématique de l’asile, s’ajoute le fait que de nombreux employeurs potentiels ne savent pas qu’ils peuvent employer les personnes en procédure d’asile ou admises provisoirement, comme l’a montré en 2014 un rapport publié par le SEM.  Un frein à l’intégration et à l’indépendance financière de ces dernières, avec de nombreuses conséquences sur la stabilisation de leur séjour. Un important travail de sensibilisation du patronat et des pouvoirs publics doit donc encore être mené.

La complexité législative : Vivre Ensemble prise à son propre piège !

La Suisse rend une décision de non-entrée en matière Dublin (NEM Dublin) lorsque : 2 réponses vraies

18% ont répondu ce que nous avions coché comme réponse juste:

Φ Un autre État doit examiner le besoin de protection de la personne

Φ La Suisse n’a pas examiné les motifs de fuite allégués par le/la requérant-e

Mais une autre proposition était également correcte. Un demandeur d’asile reçoit une NEM Dublin lorsqu’« un autre Etat (membre du Règlement Dublin a rendu une décision négative au demandeur-se d’asile ». À ne pas confondre avec les décisions NEM Etat tiers, lorsque le pays Dublin en question (notamment), après avoir examiné la demande d’asile de la personne, lui octroie une protection. L’impact de la décision est le même : la Suisse n’examine pas la demande de protection de la personne. La personne est vouée à être expulsée vers le pays en question et est placée au régime de l’aide d’urgence.

  • A vouloir jouer avec la complexité de la procédure d’asile, nous avons été pris à notre propre piège. En présentant nos plus plates excuses aux personnes qui ont coché cette réponse, parmi les deux réponses à choix, nous les invitons à nous contacter, afin de recevoir, si elles  le souhaitent, un lot de consolation.

Les questions faciles – Vrai ou faux?

Les questions VRAI / FAUX sont les seules questions à avoir abouti à un résultat correct à plus de 70% des cas. La formulation de la question y est sans doute pour quelque chose…

  • Ainsi, il est VRAI que l‘aide sociale versée aux personnes en procédure d’asile est en pratique d’environ 50% moins élevée que l’aide sociale ordinaire (voir explications dans nos pages Préjugés). Une information à diffuser largement, en particulier pour fermer le bec celles et ceux qui prétendent que les Suisses dans le besoin sont moins bien traités que les réfugié-e-s!
  • Autre question, d’actualité: Il est VRAI que l’accueil de 23 mineur-e-s non accompagnés depuis la Grèce qui ont de la famille en Suisse est une obligation découlant de l’application du Règlement de Dublin, et non pas un pur élan de générosité.  On a vu dans la presse certains médias reprendre sans le questionner le communiqué du SEM, laissant croire à un geste humanitaire… Lire à ce sujet la dernière édition de notre revue Vivre Ensemble (notamment Grèce-Suisse: des regroupements familiaux qui traînent en longueur) et la réaction parue sur le site de la pétition (à signer!) appelant à désengorger les camps de réfugié-e-s de Grèce.

Sophie Malka
Vivre Ensemble | asile.ch


Retrouvez nos pages préjugés 


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