L’Irak accueille 400’000 réfugiés syriens (Unhcr, décembre 2015), dont 99% de kurdes, installés majoritairement dans le nord du pays, au Kurdistan. Intégrée à un contexte où l’atmosphère conflictuelle rend incertaine les tracés nationaux, l’interaction entre ces personnes de même culture mais de nationalités différentes – syrienne et irakienne – devient un enjeu pour la question kurde dans sa dimension régionale. L’apparente ressource culturelle des migrants présuppose d’éventuelles allégeances intra-kurdes qui renforceraient, d’un point de vue politique, le poids de cette communauté dans la région. L’assise politique kurde irakienne est susceptible de devenir un enjeu pour la population syrienne en exil, à même d’utiliser l’influence de la région pour se renforcer. Soumis à des rivalités qui se réajustent, le terrain témoigne de l’hétérogénéité de la question kurde (syro-irakienne du moins). Un paysage politique se dessine dans les camps de réfugiés, à l’image d’une situation régionale qui se structure dans un contexte inédit. La micro-situation des camps de réfugiés devient un miroir du champ politique kurde syro-irakien.